Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Isabelle Nizet : Université de Sherbrooke
En matière d'évaluation, les apprentissages professionnels de futurs enseignants supposent une double transition culturelle qui se caractérise par le passage d'une culture première en évaluation (d'ancien élève ou d'étudiant) à une culture seconde (professionnelle) (Nizet, 2013) et, au sein de cette culture seconde en construction (dans un contexte de formation en alternance cours/stages), par le passage d'une culture théorique-académique à une culture expérientielle-pratique. Dans le cadre d'une recherche portant sur le processus d'« assessment literacy » (Mertler, 2004, 2009; Willis, Addie et Klenowski (2013) ; Popham, 2011) visant à cerner comment évolue la reconfiguration de savoirs professionnels en évaluation à la lumière de ces transitions culturelles, la communication présente le résultat d'analyse d'échanges de régulation impliquant de futurs enseignants du secondaire pendant leur formation initiale en évaluation et sur des problématiques professionnelles vécues en stage. L'analyse met en lumière l'évolution des degrés de crédibilité (Vergnaud, 1985), d'intelligibilité (Vial, 2009) et de légitimité (Demazières, Roquet, et Wittorsky, 2012) d'une vingtaine de savoirs référentiels construits avant et pendant le stage (Vanhulle, 2009 ; Buysse, 2011), ainsi que les enjeux de « double vraisemblance », de « double résonnance » et de de « double pertinence » (Bednarz, 2013) associés à la reconfiguration de ces savoirs professionnels.
Ce colloque approfondira l’articulation entre les dispositifs, l’environnement et les interventions ayant trait à l’apprentissage et au développement. Il vise à mettre en lumière, dans des contextes allant de la petite enfance à la formation des adultes, les effets des différents facteurs qui influencent le développement de l’apprenant. Plus particulièrement, il permettra d’examiner les retombées voulues ou collatérales des dispositifs de formation formels ou informels (Lave et Wenger, 1991; Rahm, 2008; Rogoff, 2003) et des interventions pédagogiques (Kozulin et Presseisen, 1995), mais aussi les incidences indirectes des environnements (Valsiner, 2005). Ce sera aussi l’occasion de questionner l’évaluation du développement et autres approches méthodologiques qui influent sur la manière dont nous pilotons les interventions et pensons les dispositifs :
Quels sont les effets secondaires de dispositifs visant directement la réussite scolaire ou académique? L’atteinte des objectifs de formation est-elle garante d’un développement de la personne lui permettant de poursuivre des études ou d’exercer sa profession? Y a-t-il une tension entre les résultats à court terme et les répercussions des moyens utilisés pour atteindre ces résultats? Les interventions sur les apprentissages ont-elles nécessairement une incidence développementale?
Les contextes et dispositifs de formation ont-ils plus de retombées développementales que les interventions en ce qui a trait à l’enseignement et à l’apprentissage? Existe-t-il une concurrence entre les deux, du moins si on se penche sur la question des conséquences à long terme?
L’évaluation des apprentissages est-elle compatible avec l’évaluation du développement? L’évaluation du développement est-elle possible en contexte d’enseignement? Quels sont les fondements méthodologiques qui permettent des études réellement développementales en sciences de l’éducation?
Titre du colloque :
Thème du colloque :