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Yves Bergeron : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le développement exponentiel des expositions temporaires constitue l'une des tendances les plus structurantes dans l'histoire contemporaine de la muséologie. Parallèlement à cette tendance, de nombreux musées misent sur le capital de leur collection et s'engagent dans des processus de recyclage qui accordent une valeur exceptionnelle à certaines œuvres ou objets en leur conférant le statut d'« objet-phare ». Ce concept se distingue du chef-d'œuvre dans la mesure où il témoigne d'un discours construit par les musées autour d'une œuvre ou d'un objet qui permet d'en synthétiser la mission. Contrairement aux chefs-d'œuvre, qui sont souvent nombreux au sein des collections, il existe normalement un seul objet-phare par musée. Celui-ci incarne et synthétise littéralement le musée.
Nous avons constitué un corpus d'une cinquantaine d'objets-phares dans les musées québécois et canadiens permettant d'identifier les principales stratégies de médiation en jeu. L'examen de ce corpus montre que leur usage est lié à l'identité du musée. Un projet de coopération entre les programmes de muséologie de l'UQAM, l'UQO, l'UQTR et l'Université de Barcelone se penche présentement sur la fonction de ce type d'objet dans la construction des identités nationales, régionales et locales. Une première question émerge. S'agit-il de nouveaux usages ou d'une pratique enracinée dans l'histoire des musées ? Nous proposons une première analyse de ces cas emblématiques.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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