pen icon Colloque
quote

À qui appartiennent les spiritualités autochtones? Quelques défis posés aux chercheurs universitaires

CG

Membre a labase

Claude Gélinas : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La spiritualité occupe une place centrale dans les processus contemporains de guérison et de revendications politiques et identitaires au sein des collectivités autochtones nord-américaines. Or, dans un contexte où cette spiritualité est désormais largement accessible et présente un attrait marqué pour de nombreux Occidentaux, il en découle un souci chez les autochtones d'exercer une forme de contrôle sur leur patrimoine religieux, voire d'affirmer et de défendre un droit de propriété sur celui-ci. Cela peut se traduire par un rapatriement dans les communautés d'objets à caractère religieux conservés dans les musées, par des démarches politiques ou juridiques pour contrer l'appropriation de certaines composantes de leur sphère religieuse, par une forme d'entrée en clandestinité de certains us et coutumes ou par des restrictions ou des refus imposés à ceux qui souhaitent étudier la dimension spirituelle en milieu autochtone. De telles initiatives ne sont pas sans soulever des défis pour les chercheurs universitaires intéressés à mieux comprendre la dimension spirituelle au sein des cultures autochtones. Plus fondamentalement, ce contexte invite à réfléchir sur la compatibilité de la notion de propriété en lien avec la religion et la spiritualité et à définir une éthique relationnelle qui prendrait en considération les préoccupations et les aspirations à la fois des autochtones et des chercheurs en vue de favoriser entre eux un rapport de collaboration respectueuse.

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :