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Philippe Durance : Conservatoire national des arts et métiers
Cette communication propose une grille d'analyse de différentes formes d'action publique en matière d'accompagnement du changement social, qui (a) permet de qualifier l'étendue de la notion d'innovation sociale – du sens strict des « nouvelles politiques sociales » au sens large du « changement de société » – et (b) offre aux acteurs un cadre conceptuel comparatif entre trois modèles d'innovation, auquel peuvent se rattacher à la fois observations et stratégies d'action. Elle propose d'abord une critique de ce qui est considéré comme le modèle dominant de l'innovation, tel qu'il apparaît dans les politiques publiques occidentales. En regard de ce modèle dominant, elle distingue deux autres modèles qui émergent depuis quelques années, qui en constituent une remise en cause plus ou moins forte. Ces deux autres modèles sont caractérisés, comme le modèle dominant, selon plusieurs dimensions : positions et modalités des relations entre les acteurs impliqués, savoirs mobilisés, principes d'actions et principales problématiques soulevées. La présentation de ces modèles est accompagnée d'exemples concrets.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.