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Stéphanie MULLER : Polytechnique Montréal
Un résultat scientifique est souvent incertain et ce pour différentes raisons : il peut être issu d'une modélisation simplifiée d'un phénomène naturel, une hypothèse peut avoir été posée pour un scénario donné, un paramètre servant à son obtention peut posséder une incertitude de mesure. Pourtant, c'est à partir de ces résultats scientifiques incertains que peuvent être mises en place des décisions politiques ou être élaborés des stratégies et des plans d'actions pour un objectif donné. En tant que chercheur, il est de notre responsabilité d'évaluer l'incertitude de nos résultats, i.e. le degré de confiance à leur accorder, ainsi que de la communiquer aux décideurs.
À travers l'exemple des incertitudes présentes en analyse du cycle de vie (ACV) – un outil holistique d'aide à la décision comptabilisant les impacts environnementaux potentiels sur l'ensemble de son cycle de vie d'un produit, service ou organisation – des moyens d'identifier et d'évaluer différentes typologies d'incertitude seront présentés. Les informations sur l'incertitude émanant de cette évaluation peuvent permettre, in fine, d'avoir une meilleure connaissance d'un système à l'étude.
Finalement, l'hypothèse suivante sera abordée : une diminution drastique de l'incertitude d'un système à l'étude, à travers la « lunette ACV » par exemple, passe par l'utilisation d'outils issus de disciplines diverses et donc la mobilisation de connaissances et compétences interdisciplinaires.
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.