Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marcel LEBRUN : Université catholique de Louvain
Les classes inversées constituent aujourd'hui déjà un véritable tsunami dans le monde de la formation de l'école primaire à la formation continue.
Nous les voyons à la confluence de plusieurs courants pédagogiques :
celui des objectifs de l'éducation devenus référentiels de compétences celui de l'évaluation des acquis davantage formative, celui des méthodes actives rendant "enfin" l'étudiant ou l'élève acteur et auteur de ses apprentissages, celui de l'enseignement à distance et de l'externalisation des savoirs avec la nécessité de redonner du sens à la présence et finalement celui de la "numérisation de l'école" entre virage pédagogique et mirage technologique.
Au-delà de cette cohérence, toute potentielle, nombreuses sont les questions : quel avenir pour cette "innovation" confrontée aux murailles des citadelles des savoirs davantage enclines à la fossilisation des pratiques qu'à l'émancipation espérée de l'é-ducation 2.0 ? Quelle "formation" tout au long de la vie et quels rôles pour les enseignants dans un monde où les savoirs se trouvent hors les murs de "l'école" et où ils seront davantage animateurs sociocognitifs, catalyseurs connectivistes ou curateurs que récitants ex-cathedra de savoirs aseptisés et somme toute peu transférables aux contextes socioprofessionnels ? Le numérique, comme les outils fabriqués depuis la nuit des temps par l'humanité, nous rend plus libre mais nous condamne à devenir intelligents … assistons-nous à une nouvelle Renaissance « pédagogique » ?
Les technologies de l’information et des communications ont apporté des changements significatifs dans plusieurs sphères de la société, et le monde de l’éducation n’y a pas échappé. L’apparition des plateformes numériques a participé au développement de la formation à distance (FAD) et a également favorisé « le développement progressif de nouvelles formes d’enseignement » (Lebrun, 2010, p. 97).
Dans cet environnement technopédagogique, les rôles exercés par les enseignants et par les étudiants prennent une autre dimension et, comme le démontre Lebrun (2014), il y a émergence de nouveaux modèles pédagogiques plus interactifs et plus ancrés dans le champ professionnel. « La formation à distance prend donc progressivement conscience de l’importance de la coprésence des acteurs de la formation, mais en même temps de la nécessité de plus de flexibilité, de décentralisation, de liberté de points de vue tant organisationnel que pédagogique » (Peraya, 2002, p. 6). Cette prise de conscience s’effectue également par l’ensemble des acteurs éducationnels, et on voit apparaître de nouvelles pratiques associées aux campus virtuels, aux classes inversées et à l’hybridation des systèmes de formation.
Dans ce contexte, l’objectif du colloque est de donner une vitrine à la FAD sous l’angle des transformations pédagogiques, en contexte d’enseignement supérieur.