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Christian Jetté : Université de Montréal
Compte tenu de leur proximité avec les communautés locales, leur fonctionnement démocratique et leurs visées émancipatrices, les milieux communautaires sont aptes à développer des pratiques novatrices qui peuvent faire l'objet d'un transfert au sein des institutions gouvernementales dans le cade d'un processus de coconstruction des politiques publiques. Mais alors que la capacité d'innovation des milieux associatifs québécois est un fait largement reconnu et documenté, la question de la diffusion de leurs pratiques a été beaucoup moins abordée dans les travaux de recherche. Cette présentation expose les résultats d'une étude qui vise à combler cette lacune, en examinant l'influence qu'ont pu avoir les pratiques associatives sur l'action publique à partir d'études de cas dans les secteurs de la santé, l'emploi et l'habitation. La comparaison entre les cas montre que la diffusion de l'innovation sociale -et donc la capacité des acteurs à modifier les règles institutionnelles- dépend d'un certain nombre de facteurs, dont la diffusion des savoirs innovants, les alliances créées, le sens donné aux changements par les divers acteurs concernés, l'implication des chercheurs universitaires et le degré d'attachement identitaire des artisans à leur innovation. Cette analyse permet aussi de croiser les concepts de coconstruction des connaissances et des politiques publiques, et de mettre en relief les conditions de dynamisation des processus menant à l'institutionnalisation des innovations.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.
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