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Liz Lacharpagne : COCQ-SIDA - Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida
Contrairement à ce qui est parfois affirmé, il n'est pas démontré que la criminalisation du VIH protège les femmes du VIH. Elle pourrait au contraire se retourner contre les femmes vivant avec le VIH (FVVIH).
La jurisprudence de la Cour suprême du Canada sur l'obligation de dévoiler son statut sérologique avant une relation sexuelle devrait donner lieu à une analyse exhaustive de son impact sur les femmes. Cette communication vise à présenter :
- Les lacunes de la jurisprudence au Canada (analyse du risque de transmission du VIH déconnectée des avancées scientifiques, insécurité juridique des PVVIH)
- Les impacts sur les FVVIH (exemple de l'affaire DC (FVVIH victime de violence conjugale), utilisation problématique du chef d'accusation d'agression sexuelle, stigmatisation accrue, augmentation de la vulnérabilité, risques de violence et de perte de soutien, impact en matière de santé publique (dépistage et soins), etc.)
- Les pistes d'intervention ou de solution proposées (changement de chef d'accusation, décriminalisation, sensibilisation des FVVIH, mise en oeuvre de recherches et analyses spécifiques sur l'impact pour les femmes)
La présentation sera suivie d'une période d'échanges et discussion avec les participants.
À l’échelle mondiale, les femmes représentent actuellement 50 % des personnes vivant avec le VIH. Au Canada, les femmes sont également de plus en plus concernées par le VIH. Le portrait canadien des femmes vivant avec le VIH (FVVIH) a beaucoup évolué au cours des deux dernières décennies. On remarque désormais une surreprésentation des femmes autochtones, des femmes trans et des femmes noires d’origine africaine ou caribéenne. Les FVVIH font face à de multiples facteurs susceptibles de nuire à leur santé et d’affecter leur qualité de vie tels que la pauvreté, le racisme, la stigmatisation et la violence qui s’inscrivent plus largement dans un contexte social marqué par les inégalités de genre. Historiquement, les FVVIH étaient exclues de la recherche, mais il semble que les pratiques évoluent, comme en témoigne le nombre croissant d’études dédiées aux FVVIH.
En 2013, le regroupement Rassemblement d’esprits dénonçait qu’« il reste encore beaucoup à apprendre sur les facteurs qui contribuent au risque d’infection par le VIH chez les femmes, les personnes trans et les filles, et qui entravent l’accès à la prévention, au dépistage, aux traitements, aux soins et aux services de soutien, et les façons par lesquelles des différences biologiques et liées au genre influencent la progression de l’infection à VIH, y compris l’efficacité des traitements antirétroviraux ».
Dans cette mouvance, ce colloque vise à brosser l’état des connaissances sur les FVVIH en mettant en lumière les résultats de projets de recherche récents ou en cours, et en soulevant les problématiques d’actualité concernant les FVVIH. Ce colloque interdisciplinaire vise à favoriser l’échange d’idées entre les chercheurs et la communauté ainsi que la réflexion sur les pratiques d’intervention. Avec sa formule participative, il veut mettre à profit l’apport des FVVIH à la recherche et contribuer à orienter les futures recherches.
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