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Des fous rires autour du Führer? Représentations comiques d'Adolf Hitler dans le roman

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Patrick Bergeron : University of New Brunswick

Résumé de la communication

Le nom d'Adolf Hitler restera à jamais accolé à l'un des pires monstres de l'Histoire. Considérant l'infinie souffrance que le Führer a infligée aux victimes de la Shoah et à leurs proches, est-il décent, voire moral, de le représenter à l'intérieur de fictions dont le propos vise notamment à faire rire le destinataire ? Charlie Chaplin avait montré dans The Great Dictator (1940) que le rire pouvait servir à dénoncer la menace nazie. Mais ce classique du cinéma satirique américain a été réalisé avant que ne soit mise au point la « Solution finale » et, surtout, avant que la communauté internationale ne découvre l'horreur des camps nazis comme la révèlerait peu à peu, à la suite de Primo Levi, la littérature de la Shoah. Alors que Mein Kampf vient d'entrer dans le domaine public et que sa réédition soulève une polémique en Allemagne, il est plus que jamais d'actualité de débattre sur ce qu'il est légitime ou non de faire avec la figure d'Hitler. Ma communication portera sur la personnification d'Hitler dans Il est de retour (2012) de Timur Vermes et dans Dolfi et Marilyn (2013) de François Saintonge. J'examinerai d'une part les procédés par lesquels Vermes et Saintonge établissent la « risibilité » d'Hitler, avant de considérer, d'autre part, le contexte socio-imaginaire qui favorise (ou non) ce type d'appropriation humoristique.

Résumé du colloque

À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 9 mai 2016

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