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Dissuader le crime : quelques remises en question de la théorie de la dissuasion par la rationalité du risque

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Sébastien Labonté : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La théorie moderne de la dissuasion postule que l’être humain mobiliserait une rationalité coûts/bénéfices (C/B) avant de commettre un acte criminel et qu'une peine suffisament certaine et sévère freinera l'audace de quiconque serait tenté de défier la norme pénale. En ce sens, cette théorie ouvre sur un débat empirique puisqu’elle entend produire un effet mesurable. Nous pouvons sans doute trouver là une explication au volume faramineux de recherches qui ont été conduites dans ce sens. Paradoxalement, cet énorme bassin de recherches ne correspond pas pour autant à des connaissances probantes et unanimes sur le phénomène de la dissuasion. À cet effet, les remarques de Cousineau (1988, p. 31) sont particulièrement frappantes lorsque celui-ci énonce que ces « recherches ont une valeur si limitée […] que l’on n’a guère avancé depuis les premiers travaux amorcés par Beccaria et Bentham ». De telles affirmations nous poussent à réfléchir sur les explications possibles qui nous ont menés à un tel état de stagnation des connaissances en matière de dissuasion, mais surtout à réfléchir à comment le surpasser. Alors que de nombreux auteurs ont pointé vers des difficultés méthodologiques, nous soutenons qu’une part de cette énigme réside dans la rationalité C/B supposée. Nos données empiriques, provenant d'entretiens semi-dirigés auprès de personnes qui ont été condamnées, ébranlent certains des postulats de ladite rationalité C/B au profit d'une rationalité alternative.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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