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Prune Lieutier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Si, ces dernières années, les opérations de numérisation littéraires se sont multipliées, la création de contenus interactifs multimodaux est un enjeu récent. Les différentes technologies permettent d'ouvrir le champ des possibles, transformant à la fois les modes narratifs et la réception, en passant du paradigme de l'écrit classique à celui du multimodal. Cette évolution vers une conception plus large, celle du « multitexte », mettant en jeu divers modes iconiques et textuels, motive des productions de plus en plus nombreuses, mais dont les implications et composantes sont encore peu documentées. Ces développements posent de nombreuses questions : quid des processus de création de ces nouvelles narrations? Quelles sont les modifications apportées aux mécaniques d'élaboration de la trame narrative, mais aussi les liens intrinsèques qui sont noués avec d'autres médias? Quelle place prennent le lecteur, modélisé ou réel, dans des dispositifs offrant des fonctionnalités interactives? Quel est l'impact des technologies sur ces processus? Quels sont les nouveaux métiers qui en émergent et comment se positionnent les métiers classiques du livre jeunesse en ce cadre? Quel est l'impact de ce type de projet sur les rôles et statuts des acteurs impliqués, et quels sont les défis qu'ils rencontrent? Mon intervention s'intéressera aux processus liés au développement de livres jeunesse interactifs remédiés, et leurs impacts à la fois du point de vue des créateurs, des producteurs et des éditeurs.
Aujourd’hui, l’hybridation et la multimodalité sont privilégiées par nombre de créateurs, dont certains jeunes, qui détournent les fonctions utilitaires des médias et créent de nouvelles formes d’expression. Malgré l’importance de cette tendance, peu de recherches se penchent sur la manière de réinvestir ce type de pratiques dans l’enseignement des arts et des langues. En croisant des éléments provenant d’un ou de plusieurs ensembles (domaines, disciplines, modes, médias, genres, styles, etc.), l’hybridation produit des pratiques qui brouillent les catégories usuelles (Berthet, 2002; Couchot, 2013; Fourmentraux, 2014; Molinet, 2012; Rancière, 2000). Quant à la multimodalité, elle transforme la réception et la production de sens médiatisé lorsque sont mobilisées concomitamment, en contexte réel de communication, des ressources sémiotiques variées issues d’un vaste éventail culturel de modes de représentation, parmi lesquels figurent l’image, l’écriture, le son, le geste, la parole (Buckingham, 2003; Halliday, 1978; Jewitt, 2009; Kress, 2010; Van Leeuwen, 2005). Dans les pratiques de création de certains jeunes et celles d’artistes et d’auteurs actuels, les allers-retours entre réception et création, entre formel et informel ou entre analogique et numérique donnent lieu à la manipulation de modes sémiotiques sur différents supports et dans divers contextes pour créer du sens par des processus et des formes constamment renouvelés. Des études préliminaires relèvent le besoin d’analyser ces pratiques pour mieux les comprendre, mais aussi de redéfinir les notions de création et de réception en fonction de ces pratiques afin de développer des stratégies pédagogiques susceptibles de favoriser la création-réception hybride ou multimodale en arts et en langues (Richard et Lacelle, 2014).
Ce colloque s’intéresse précisément aux retombées de telles recherches sur l’enseignement et l’apprentissage, principalement dans le domaine des arts et dans celui des langues.
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