Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Catherine Foisy : UQAM - Université du Québec à Montréal
Devant la conjoncture contemporaine de l'étude du religieux au Québec, notamment marquée par des transformations institutionnelles et scientifiques majeures, il s'avère pertinent de proposer un bilan de son déploiement depuis près de cinquante ans (Larouche et Ménard, 2001). Tout en reconnaissant le rôle matriciel joué par le catholicisme dans l'élaboration des sciences des religions au Québec (Mager et Cantin, 2010; Warren, 2014; Meunier, 2015), cette communication s'attardera à circonscrire les grandes étapes de structuration de la pratique des sciences des religions au Québec comme champ disciplinaire spécifique et autonome.
Il s'agira d'abord d'exposer les contextes d'émergence et de développement propres aux diverses institutions impliquées dans les sciences des religions. Par la suite, et suivant une logique d'étude de cas, une analyse sera proposée de l'évolution scientifique et institutionnelle du Département de sciences des religions de l'UQÀM, depuis sa fondation jusqu'à aujourd'hui. Enfin, en reprenant le tableau brossé précédemment, il sera possible de dresser un portrait institutionnel et scientifique d'ensemble de la situation actuelle de l'étude du religieux au Québec.
Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?
Titre du colloque :
Thème du colloque :