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Tania Ogay : Université de Fribourg
Faire ses premiers pas à l'école, comme élève ou parent d'élève, est une expérience particulière où la joie et la fierté se mêlent souvent à l'inquiétude. Comme toute période de transition, l'entrée à l'école est un moment de vulnérabilité pour la famille. Celle-ci doit trouver un nouvel équilibre en intégrant dans son éco-système un acteur plus ou moins familier, l'école, appelé à prendre une place importante pour plusieurs années. Les premiers moments de la relation école-familles sont cruciaux : comme dans toute relation interpersonnelle, il faut peu de choses pour que la relation se développe dans une direction ou une autre. La confiance est un ingrédient indispensable pour construire une relation solide, permettant ensuite de négocier d'éventuels conflits. La communication analyse dans une perspective de communication interculturelle le processus de construction de la confiance entre des enseignantes et des parents d'élèves lors des premières semaines d'école. Les données ont été récoltées par observation participante et entretiens lors d'une recherche de type ethnographique (financée par la Fonds national suisse de la recherche scientifique) qui s'est déroulée de 2012 à 2015 dans un établissement péri-urbain de Fribourg (Suisse), accueillant une population souvent migrante et aux revenus modestes. Les résultats montrent l'importance de la confiance, mais aussi son rôle ambigu : un excès de confiance s'avère aussi délétère qu'une confiance défaillante.
Les premières transitions scolaires sont des périodes charnières pour l’engagement scolaire des élèves, l’engagement parental et celui des milieux qui les entourent. Elles constituent le début de l’histoire scolaire. Plusieurs éléments influent sur le succès de cette transition. Les enfants vivant avec des facteurs de risque sociaux et économiques, et leur famille auraient avantage à bénéficier de plus d’activités de préparation de la transition (Wildenger et McIntyre, 2011). En effet, dans les milieux à risque, une transition réussie permet d’observer des enfants engagés qui développent un sentiment positif envers l’école. Les parents deviennent des partenaires dans l’apprentissage de leurs enfants (Ramey et Ramey, 1999). Cette transition est aussi importante pour les enfants ayant des besoins particuliers, puisqu’une adaptation non réussie dès le préscolaire oriente leur disposition envers l’école et risque de perturber leur trajectoire scolaire. On note aussi que l’âge des enfants lors de leur entrée à l’école est à considérer par les milieux scolaires. Plusieurs stratégies ont été mises en place pour favoriser la réussite éducative des enfants et rapprocher l’école et les familles. Pensons au Programme Passe-Partout déployé dans les milieux à risque, à l’implantation graduelle de la maternelle à 4 ans, au déploiement du Guide pour soutenir la première rentrée scolaire de qualité, au développement d’outils de partage d’information tels que Passerelle, etc.
Dans le contexte québécois où la responsabilité des services préscolaires est partagée entre trois ministères, les familles et la communauté, le colloque se veut un espace d’échange dans lequel chercheurs, étudiants, professionnels et spécialistes de la petite enfance viendront partager leurs connaissances, leurs résultats de recherche et leurs réflexions afin de mobiliser les différents acteurs des premières transitions scolaires à œuvrer tous ensemble pour soutenir des transitions de qualité.