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Étude expérimentale sur l'existence d'un biais de perception relié à l'angle de captation d'une intervention policière avec emploi de la force

AG

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Annie Gendron : École nationale de police du Québec

Résumé de la communication

L'intégration des caméras corporelles au sein des organisations policières québécoises est imminente. L'opinion publique penche en faveur de leur usage afin de disposer d'images permettant de mieux comprendre les événements controversés impliquant des citoyens et des policiers. Il est donc pertinent de se demander si les images captées permettent d'avoir une bonne représentation de l'intervention policière telle que perçue par le policier dans l'action, et des circonstances justifiant l'emploi de la force (niveau de risque, urgence d'agir). Une étude visant à comparer les opinions quant à la légitimité d'une intervention policière avec emploi de la force à partir d'images vidéo captées sous différents angles a été menée auprès de 231 membres de la communauté universitaire, ainsi que 202 aspirants policiers en formation. De façon aléatoire, les répondants ont visionné une scène identique captée par une caméra corporelle ou une caméra de surveillance, avant de répondre à un questionnaire. Les résultats montrent que les aspirants policiers sont plus en accord avec l'intervention présentée que les répondants universitaires, peu importe l'angle de la caméra, mais qu'une plus grande proportion d'entre eux sont d'avis que le policier a fait feu trop rapidement sur l'homme en crise lorsque la scène est captée par une caméra corporelle. Cette différence laisse donc supposer que les images captées par la caméra corporelle induisent une perception de distance plus grande que réelle.

Résumé du colloque

On parle de plus en plus d’équiper les policiers de caméras filmant leurs interventions auprès de la population. Plusieurs villes américaines et européennes l’ont déjà fait, et on peut facilement trouver une partie des vidéos résultantes sur le Web; la possibilité est encore au stade de l’étude au Canada, avec la mise en place récente de projets pilotes dans plusieurs grandes villes du pays, mais les caméras corporelles semblent appelées à devenir une pièce d’équipement incontournable. Les caméras corporelles sont souvent présentées comme une façon de contrôler à distance le comportement des policiers et des sujets d’intervention, mais leur utilisation a des implications de différentes natures. Ce colloque vise à discuter de ces implications : les coûts financiers (équipement, stockage des données), les défis procéduraux (quoi filmer? à partir de quel moment? quelles images diffuser? de quelle façon?), les questions juridiques (utilisation comme élément de preuve), mais aussi les effets sur la relation entre la population et la police, sur les perceptions du public, et autres. Le colloque regroupe des conférenciers de milieux universitaires présentant des travaux empiriques sur le sujet, mais aussi des acteurs impliqués dans le développement des bonnes pratiques et de la formation des policiers afin d’offrir un portrait global des enjeux et défis liés au port de caméras corporelles par les policiers du Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Rémi Boivin
section icon Date : 9 mai 2016

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