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Marjan Alipour : Université de Montréal
Il est important pour un futur traducteur de textes spécialisés de bien connaitre le lexique propre à un domaine de spécialité pour exprimer des connaissances relatives à celui-ci et produire des textes de qualité.
Dans cette communication, nous présenterons une méthodologie d'exploitation d'un corpus d'apprenant portant sur la pollution. Ainsi, nous montrerons l'utilité du corpus dans la didactique du lexique spécialisé, ressource peu utilisée dans les cours de langue spécialisée.
Nous présenterons d'abord les critères de création du corpus d'apprenant : taille, types de textes, etc. en nous inspirant de ceux proposés par Granger (2013). Puis, en nous basant sur les travaux sur le lexique de la langue générale (Binon et al. 2004), nous montrerons l'utilité du corpus pour créer des exercices de distinction de sens et d'appréhension de collocations sur le lexique spécialisé. Par exemple, il existe le risque de considérer comme interchangeables des termes comme décontaminer [éliminer les contaminants de différents types (ordure, pétrole, bactéries…)], et désinfecter [éliminer les microorganismes (bactéries)]. Mais les contextes extraits du corpus permettent de savoir lequel utiliser lors de la production de textes : l'eau polluée par le pétrole sera décontaminée; ces bactéries sont nocives, désinfectez l'air.
Les contextes aident aussi à appréhender le bon collocatif et à l'utiliser correctement pour exprimer un sens précis [ex. carbone : émettre du ~ (produire); teneur en ~ (quantité)].
Les ressources linguistiques et lexicales sont utilisées à plusieurs fins dans différents domaines : traitement automatique de la langue (TAL), terminologie, indexation, didactique des langues, fouille de texte, analyse de contenu, etc. Ainsi, les documents textuels non structurés traités par des systèmes de TAL peuvent nécessiter des ressources linguistiques pour appréhender leur contenu : terminologies, réseaux lexicaux, bases de connaissances, ontologies, etc., où les liens entre termes sont explicites. Aussi, pour décrire, indexer ou classifier des documents (textuels, visuels, audio, vidéo), on recourt à des thésaurus, à des plans de classification, etc. Et l’enseignement utilise souvent des ressources pédagogiques linguistiques ou terminologiques.
Des relations diverses existent entre ces ressources, les documents auxquels elles sont appliquées et les applications auxquelles elles servent. Notre colloque permettra d’étudier ces interactions en tentant de répondre aux questions suivantes :
— Quelles ressources sont mieux adaptées à une application, à un genre, à un type de document ou de discours particulier? Qu’en est-il des corpus non linguistiques (images ou vidéos, par exemple)?
— En quoi les ressources reflètent-elles le corpus de documents ou de connaissances qui ont servi à les créer?
— Quelles adaptations des ressources sont nécessaires pour traiter un corpus donné?
— Comment combiner des ressources pour atteindre un traitement optimal, ou composer un corpus pour en extraire des ressources optimales?
— Comment intégrer une documentation ou une organisation aux ressources pour maximiser leur réutilisation?
— Quels écueils rencontrerait une utilisation imprévue de ressources données?
Les communications présentées dans le colloque aborderont ces questions d’un point de vue théorique, pratique ou empirique.
Le caractère interdisciplinaire de la thématique proposée vise à rassembler des chercheurs issus de divers champs afin de partager les expertises.
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