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Nada Guzin Lukic : UQO - Université du Québec en Outaouais
L'exposition d'auteur a une signature unique qui affirme un point de vue sur l'objet et le musée. Les commissaires comme Harald Szeemann, les ethnologues comme Jacques Hainrad ou les écrivains comme Umberto Eco incarnent cette relation aux objets. Les musées leur donnent « carte blanche » dans la sélection et l'interprétation des objets. Cette pratique institutionnalisée dans le domaine de l'art contemporain rejoint d'autres types de musées. Elle se manifeste également par l'implication des artistes dans les musées d'histoire, de guerre, d'ethnologie ou de société. Or, la relation aux objets engage ici un autre questionnement issu de leur valeur documentaire. L'objet témoin d'un événement, preuve de ce qui a été, les objets sensibles des histoires marquées par les violences réinterprétées par les artistes dans les musées d'histoires brouillent les pistes. La subjectivité de leur compréhension de la réalité qui apporte au sens de l'objet peut aussi détourner ce sens. Le point de vue du musée est un point de vue institutionnel, collectif, la responsabilité du propos est également collective. Le musée sélectionne et atteste les objets et les discours ainsi que les artistes qui interviennent pour créer les événements et actualiser les discours sur les objets. La présence de plus en plus significative des artistes en dehors des musées d'art interpelle les raisons de cette pratique contemporaine en lien avec les objets ethno-historiques.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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