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Yves CARRIÈRE : Université de Montréal
Le taux d'emploi des Canadiens âgés de 55-69 ans a augmenté de façon importante depuis le milieu des années 1990, période qui avait été précédée par une chute de l'âge effectif de la retraite. Inattendue il y a quelques années, cette remontée présente plusieurs aspects positifs dans un contexte de vieillissement démographique qui s'accompagne d'une croissance moins rapide de la main-d'œuvre et d'une espérance de vie à 65 ans qui ne cesse de croître.
À partir des données de l'Enquête sur la population active, nous analysons l'évolution des taux de retraite par âge et sexe pour les cohortes nées depuis 1927 et projetons ces taux pour les cohortes du baby-boom. Les projections tiendront compte de différents scénarios concernant la retraite dite volontaire, et la retraite pour des raisons liées à l'économie, la santé et les responsabilités personnelles et familiales. Les résultats montreront que, même à taux de retraite constants, la retraite se prendra plus tardivement chez les cohortes du baby-boom comparativement aux cohortes qui les ont immédiatement précédées, et que la durée de la retraite n'augmentera probablement pas au même rythme que les gains prévus en espérance de vie. En plus des effets des différents scénarios sur l'âge effectif de la retraite, les résultats présenteront le lien entre cet âge et l'évolution possible du taux d'emploi global au Canada. Nous aborderons aussi quelques aspects potentiellement négatifs du report de la retraite.
Au cours des dernières décennies, le Québec a connu les effets du baby-boom puis du baby-bust (effondrement de la natalité), transition accompagnée de plusieurs vagues d’immigration de type et de provenance différents. Depuis 2001, l’immigration représente d’ailleurs la principale source de la croissance de la population du Québec. L’effectif de la main-d’œuvre est en partie le résultat de cette évolution, mais aussi de changements de comportements et de caractéristiques de divers groupes sociaux face au marché du travail.
Alors que le vieillissement de la population suscite des préoccupations quant à l’avenir de la croissance de la main-d’œuvre, l’évolution des rapports complexes entre les comportements démographiques, l’activité et l’emploi s’impose comme enjeu de recherche stratégique. Comme le soulignaient Laplante et Godin (2003), « […] la relation entre l’évolution de la population active et de la population employée d’une part, et les phénomènes démographiques stricto sensu d’autre part, est maintenant un système complexe où la décision de participer au marché du travail joue vraisemblablement un rôle plus important que l’offre d’emploi. Dans un tel contexte, prévoir l’utilisation de la population active et de la population employée requiert vraiment des hypothèses sur la nature et la répartition des comportements […]. » Depuis une dizaine d’années, d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine grâce à l’accès à de nouvelles sources de données et aux développements méthodologiques en matière de modélisation.
Ce colloque a pour principal objectif de réunir les chercheurs qui s’intéressent, d’une part, aux processus démographiques et, d’autre part, aux tendances économiques et sociales qui interagissent avec ces processus et qui ensemble déterminent l’effectif, la composition et la productivité de la main-d’œuvre. Le colloque sera sous la responsabilité scientifique d’Yves Carrière, responsable du colloque annuel de l’ADQ (Association des démographes du Québec), Benoît Dostie, directeur du CIQSS (Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales), et Pierre-Carl Michaud, cotitulaire de la Chaire Industrielle-Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.
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