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Nathalie Gosselin
L'amusie congénitale est un trouble neurodéveloppemental de la perception musicale qui survient malgré une exposition normale à la musique et l'absence de problème auditif, langagier ou intellectuel. Ce trouble musical peut réduire le plaisir éprouvé envers la musique et l'implication des individus amusiques dans les activités musicales en comparaison avec la population générale. Comme l'expérience musicale favorise le développement cognitif, il est possible que les troubles musicaux aient un impact sur la cognition.
Nos études visent à déterminer si l'expérience musicale limitée des amusiques affecte les fonctions exécutives, en particulier le contrôle cognitif. Pour cela, des amusiques et des individus appariés en termes de sexe, d'âge et de niveau de scolarité, avec ou sans expérience musicale ont réalisé la tâche des flèches de Simon et la tâche de Stroop. Dans les 2 cas, les amusiques ne se distinguent pas des non musiciens.
L'ensemble de ces résultats indique que l'amusie congénitale n'est pas associée à un contrôle cognitif déficitaire. Par conséquent, les troubles musicaux ne semblent pas tributaires d'une perturbation cognitive générale des fonctions exécutives.
La capacité de pouvoir utiliser efficacement, malgré leurs différences de forme et de structure, deux ou plusieurs langues (bi ou multilinguisme) reflète l’incroyable niveau de sophistication de la cognition humaine. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pouvaient influer sur le niveau de bilinguisme atteint par les apprenants. Ces travaux ont permis d’isoler des facteurs tels que l’âge et le milieu d’apprentissage. Toutefois, au cours des dernières années, nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme, soit l’étude des corrélats cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Cet intérêt est en partie explicable par la controverse suscitée par certaines études selon lesquelles le bilinguisme confèrerait un avantage cognitif à ses locuteurs, voire qu’il augmenterait la réserve cognitive qui permet de retarder l’apparition des symptômes du vieillissement cognitif (par exemple, il retarderait l’apparition des premiers symptômes associés à la maladie d’Alzheimer). Notons que la démocratisation des outils de recherche neurophysiologique a aussi grandement contribué à l’essor spectaculaire qu’a connu cet axe de recherche au cours des dernières années. De plus amples travaux sont toutefois toujours nécessaires afin de mieux circonscrire les effets rapportés dans la littérature. Les chercheurs du Québec, et spécialement ceux de la grande région de Montréal, disposent d’un avantage stratégique pour faire une contribution majeure à ce domaine d’étude, car ils ont accès à une population de locuteurs bilingues diversifiés (diversité des langues et des niveaux de maîtrise de la langue seconde) et à des infrastructures de recherche de calibre international (Institut Neurologique de Montréal).
L’objectif du présent colloque est de réunir des chercheurs de divers horizons afin de faire le point sur l’état de la recherche sur les impacts cognitifs et neurophysiologiques du bilinguisme. Il permettra aux intervenants de partager leurs résultats et de se familiariser avec de nouvelles méthodes expérimentales désormais à la disposition des chercheurs intéressés au bilinguisme. Le colloque permettra aussi le réseautage entre équipes de recherche, ce qui favorisera les collaborations intersectorielles et interuniversités, consolidant ainsi le statut privilégié du Québec en ce qui a trait à la recherche sur le bilinguisme.
Par sa position géographique et sa population unique, le Québec constitue un endroit idéal pour étudier le bilinguisme. Nous voulons que le présent colloque soit un tremplin pour la création des projets collaboratifs innovateurs tirant profit des infrastructures et de l’environnement linguistique unique dont nous disposons.
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