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La carte blanche dans les collections : définition, généalogie et état des lieux

Résumé de la communication

La carte blanche est une stratégie muséale de type évènementiel qui repose sur l'invitation d'un artiste, d'un commissaire indépendant ou de tout autre spécialiste, appelé à adopter une posture muséale afin de réaliser une intervention à partir des collections. Stratégie désormais empruntée dans diverses sphères d'activités professionnelles, la carte blanche a été traditionnellement lancée par le musée, d'abord à des commissaires, puis à des artistes, comme en témoigne le cas exemplaire de l'exposition Raid the Icebox 1, with Andy Warhol produite par le Musée d'art de la Rhode Island School of Design à Providence, aux États-Unis, entre 1969 et 1970. Bien que la présence d'artistes réalisant des interventions au musée à partir de la fin des années 1960 ait été souvent associée au mouvement de la critique institutionnelle, les musées ont aussi joué un rôle clé dans le développement de ce type de pratique contemporaine menée au sein des collections. Par souci d'autoréflexivité, certaines institutions muséales ont misé sur cette stratégie à partir des années 1990, afin d'actualiser leur discours. C'est toutefois principalement pour accroître leur attractivité que plusieurs d'entre elles ont adopté la carte blanche, l'intérêt premier de la stratégie étant de générer un retentissement médiatique grâce à une présentation inédite des objets collectionnés et une personnification rendue possible par la présence de l'invité.

Résumé du colloque

On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.

Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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