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Kimiz Dalkir : Université McGill
Le transfert intergénérationnel des connaissances est une discipline et une pratique professionnelle qui s'adresse au transfert et conservation des savoirs critiques dans une organisation. C'est en fait le contraire de l'amnésie organisationnelle – on ne veut pas oublier ou perdre accès à notre savoir-faire collectif. On ne veut pas répéter nos erreurs et on veut transférer nos bonnes pratiques. Alors on utilise une gamme de méthodes, comme la cartographie des savoirs, pour identifier les savoirs critiques à transférer aujourd'hui et à conserver pour les utilisateurs à l'avenir.
La conférence abordera les points suivants :
Quelles sont les différences entre le transfert et le partage des savoirs ? Comment identifier les connaissances critiques à transférer ? Quels sont les différences entre la relève et le transfert des savoirs intergénérationnel ? Quelles sont les étapes clés dans une stratégie de transfert et par où commence-t-on ?
Des études de cas seront présentées pour mieux illustrer les défis impliqués pour le partage des connaissances professionnelles à travers des disciplines, des professions, et des pays différents. Ces exemples concrets servent à identifier les facilitateurs et les obstacles au transfert intergénérationnel des connaissances. L'accent est mis sur le rôle de la culture (organisationnelle et du pays) ainsi que sur le rôle de la langue (linguistique et disciplinaire).
Dans le contexte du vieillissement de la population, omniprésent dans toutes les sociétés modernes, de nombreux chercheurs s’intéressent aux caractéristiques des générations et aux rapports qu’elles entretiennent entre elles (Dufaut, 2009; Joshi et coll., 2014). Dans les sociétés du savoir (Unesco, 2005) en particulier, où le partage des connaissances entre individus joue un rôle crucial pour le développement, le transfert des connaissances entre générations est devenu un objet d’étude à part entière. Pour plusieurs organisations, l’absence de démarches intentionnelles de transfert intergénérationnel des savoirs a mené à des pertes cruciales et fragilisantes pour leur pérennité. Faute d’une mémoire organisationnelle adéquate, la NASA, notamment, ne dispose plus des connaissances nécessaires pour atterrir sur la Lune (DeLong, 2004)! Dans le même ordre d’idées, la fonction publique québécoise a subi des pertes de savoir importantes (Lemay et coll., 2012). De multiples recherches sont nées en réponse à ces défis. Elles s’interrogent notamment sur les facteurs contextuels à considérer (Delay, 2006; Pijoan et coll., 2012), sur les formes du transfert intergénérationnel des connaissances dans différents environnements professionnels (Dalkir, 2010; Lefebvre, 2000) et dans différents pays (Kuyken, 2015; Shimada, 2014), ou encore sur la nature des connaissances échangées (Holden et coll., 2006). Quand le transfert intergénérationnel des connaissances est abordé depuis une perspective humaine (vs technique) (Nonaka et Takeuchi, 1997), quels en sont les différents aspects qu’un travail interdisciplinaire (mobilisant par exemple les savoirs en éducation, sociologie, histoire, communication, psychologie et les sciences de gestion) peut contribuer à révéler et enrichir? C’est dans cet esprit que ce colloque sollicite des contributions de disciplines et d’univers organisationnels distincts.
Titre du colloque :