Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Christian Poirier : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Cette communication propose une réflexion, aussi bien conceptuelle, empirique et méthodologique, concernant la citoyenneté culturelle. Cette notion a émergé dans la foulée d'une recherche réalisée concernant la participation culturelle des jeunes de 12 à 34 ans sur le territoire de l'Île de Montréal. Cette étude de nature qualitative visait à saisir et comprendre les diverses facettes de la participation aux arts et à la culture chez les jeunes, tant en termes de création, de consommation/fréquentation que de diffusion, partage et circulation. Sept dimensions ont été spécifiquement abordées : activités et pratiques culturelles, contextes et lieux, raisons et motivations, personnes et transmission, culture et numérique, impacts individuels et collectifs, perceptions et représentations de la culture. Une montée en généralité théorique a ensuite permis de proposer la citoyenneté culturelle comme clé interprétative afin d'analyser le rapport des jeunes aux arts et à la culture.
Cette recherche donne lieu, depuis plusieurs mois, à des forums régionaux portant sur la citoyenneté culturelle des jeunes, organisés par des conseils régionaux de la culture. Outre la présentation des principaux paramètres de la recherche, la communication mettra l'accent sur la citoyenneté culturelle, ses principales composantes, ses liens avec la démocratie culturelle ainsi que les façons de concevoir les publics de la culture.
La question des publics de la culture appelle à prendre en compte leur importance dans la consolidation d’un espace public (Habermas, 1962) dynamique, susceptible d’accueillir débats et diversité de points de vue, mais aussi à mesurer à l’effet de pratiques culturelles ciblées au sein de communautés de tailles variées.
Les efforts déployés pour que les productions culturelles rejoignent des publics s’avèrent à présent considérables. D’ailleurs, les institutions culturelles comme les musées sont désormais évaluées en fonction de leur capacité à attirer des publics de plus en plus nombreux. La diversité de l’offre en culture, en loisir et en divertissement place différents établissements en concurrence afin d’attirer les non-publics (Jacobi et Luckerhoff, 2010). Les pratiques culturelles, de la lecture à la sortie au théâtre ou au musée, subissent aussi des mutations profondes sur les plans social, esthétique et technologique. Des facteurs propres à certains arts ou régions, tels les changements apportés aux politiques gouvernementales, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et la désindustrialisation participent à l’accélération de ces mutations.
Dans un contexte où les productions culturelles sont de plus en plus considérées comme des outils de développement économique (économie créative et culturelle), la pression de trouver des publics, locaux et touristiques, devient encore plus forte. Le colloque envisagé permettra de réfléchir aux esthétiques qui leur sont destinées et aux technologies qui façonnent leur expérience, aux stratégies mises en œuvre pour communiquer avec eux, à l’éducation nécessaire pour que le non-initié ait accès à des formes de culture et d’art plus sophistiquées, et aux lieux et aux pratiques qui cherchent à attirer et à fidéliser leurs usagers. Trois axes seront priorisés : 1) Esthétique; 2) Communication et éducation; 3) Théories et méthodes.
Titre du colloque :
Thème du colloque :