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La conception de la citoyenneté autochtone : une comparaison du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones et de la Commission sur la vérité et la réconciliation

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Martin Papillon : Université de Montréal

Résumé de la communication

La Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) déposait il y a vingt ans maintenant son rapport final. Ce dernier proposait une vision radicalement différente de la relation entre les peuples autochtones et l'État canadien; une relation fondée sur un rapport de nation à nation reposant sur le respect mutuel. Alors que plusieurs ont vu dans ce rapport le point de départ d'une véritable décolonisation, d'autres critiquèrent la vision de la Commission pour son manque de réalisme et surtout son manque d'attention à la notion de citoyenneté commune. Le rapport insiste en effet d'abord sur les principes normatifs et les institutions permettant d'affirmer la différence autochtone, au détriment, selon certains, des transformations nécessaires aux conditions du vivre ensemble. Alan Cairns parlera ainsi d'une vision reposant sur un rapport mutuellement exclusif entre sociétés parallèles plutôt que d'un projet commun de décolonisation. Vingt ans après cet important rapport, un autre processus de consultation et de réflexion sur la relation entre l'État et les peuples autochtones vient nous rappeler le peu de chemin parcouru depuis. Dans son rapport final déposé en janvier 2016, la Commission sur la vérité et la réconciliation fait 94 recommandations afin de briser le cycle de violence, de dépendance et de pauvreté engendré par les politiques coloniales, en particulier les écoles résidentielles.

Résumé du colloque

En 2016, vingt années se seront écoulées depuis le dépôt du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA). Après cinq ans de travaux, de consultations publiques et d’études spécialisées sur la situation des peuples autochtones, la Commission mit au jour un tableau préoccupant de la réalité socioéconomique consternante et des graves malaises psychosociaux qui affligeaient ces peuples de manière quasi généralisée. Devant ce tableau qui, inévitablement, fit mal paraître la société canadienne, le gouvernement promit de mettre en branle diverses mesures conçues pour modifier la donne et poser les bases d’une nouvelle relation, plus juste et plus équitable, entre les peuples autochtones et la société allochtone. Qu’en est-il vingt ans plus tard? La relation entre les peuples autochtones et la société canadienne est-elle meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était dans la foulée de la crise d’Oka? Quel bilan faut-il faire de la situation sociale, économique et politique des peuples autochtones aujourd’hui? Quel bilan également faut-il faire des politiques étatiques qui leur sont destinées? La perception qu’ont des peuples autochtones la société et l’État canadiens a-t-elle évolué? Les constats de la CRPA ont-ils permis aux peuples autochtones de mieux asseoir et de faire avancer leurs revendications? Alors que les questions de politique publique liées aux peuples autochtones mobilisent de plus en plus l’attention des autorités politiques et du public canadiens (violence faite aux femmes autochtones, autonomie gouvernementale, développement économique nordique, Idle No More, etc.), il convient de poser un regard franc et sans complaisance sur ce qui est advenu des bonnes intentions et des promesses de changement faites par la société et l’État canadiens dans la foulée de la CRPA. Dans cette perspective, le colloque se veut également une réflexion sur la nature des rapports contemporains entre majorité et minorités au sein des démocraties libérales telles que le Canada.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Daniel Salée
section icon Date : 9 mai 2016

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