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Jean-marc Chouinard : Fondation Lucie et André Chagnon
Du point de vue de la philanthropie, l'utilisation des savoirs pour soutenir la transformation des collectivités réside, entre autres, dans le soutien à leur développement. Ces savoirs, qu'ils soient académiques, citoyens ou professionnels ne sont pas tous reconnus de manière égale. Nos défis consistent dans leur valorisation et dans l'aménagement de zones de croisement où les acteurs porteurs de ces différentes connaissances peuvent s'inter influencer. Si l'infusion des savoirs académiques dans la pratique semble avoir trouvé son chemin, il n'en va pas de même avec les savoirs expérientiels, voire même politiques. Alors, comment soutenir l'intégration et la diffusion de ces savoirs afin de nourrir la prise de décision stratégique? En tant qu'acteur philanthropique, nous sommes constamment à l'affut de moyens pour favoriser l'accessibilité et la traduction de ces savoirs. Ainsi, ils pourront mieux correspondre aux besoins variés des différents profils des acteurs qui s'inscrivent dans des projets de transformations des collectivités.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.