Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jean-François Aubin
Même s'il se fait des recherches intéressantes pour cerner les innovations sociales liées au développement territorial, force est d'admettre que malheureusement jusqu'à ce jour, ces recherches sont peu pris en compte. Comment resserrer les liens entre la recherche et les pouvoirs publics locaux ? Peu d'élus et de fonctionnaires municipaux font place à la recherche dans les réflexions. Il y a de prime abord, un défi de faire reconnaître l'utilité de la recherche en soi comme révélateur de conditions de réussite et de compréhension de différentes problématiques. C'est une réalité reconnue au gouvernement provincial, où le défi est davantage d'influencer le « politique » mais encore trop peu au niveau local (villes et MRC). Pourtant la tendance lourde actuelle, situe de plus en plus les municipalités comme « gouvernement de proximité » qui auront un mot à dire sur de plus en plus de dossiers. Si on va un peu plus loin dans notre réflexion, on pourrait tout de même signaler qu'il y a un traitement à deux vitesses entre les dossiers plus techniques et les dossiers sociaux et de gouvernance. Lorsqu'il s'agit de régler des problèmes de travaux publics, on n'hésite peu à aller chercher des expertises de recherche soit dans le secteur privé sous forme de consultants ou auprès des universités. Cela démontre que ce n'est pas impensable…. mais que c'est une question de culture. Comment introduire une culture d'innovation sociale soutenue par la recherche ?
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.
Titre du colloque :