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La religion vécue dans le film documentaire et ethnographique : extraordinaire, dévalorisation, description

MG

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Monica Grigore : Université de Montréal

Résumé de la communication

Une courte recherche suffit : de nombreux documentaristes et anthropologues ont exploré la religion à l'aide des images. Cela dit, le sociologue qui espère trouver dans le film documentaire ou ethnographique une démarche nuancée sur le sujet risque d'être déçu. Les réalisateurs de films semblent plutôt intéressés à décrire un problème social et des protagonistes. La religion est souvent présentée comme un fait extraordinaire, comme un élément relié à des enjeux de pouvoir ou comme un attribut de communautés pauvres, isolées ou en train de disparaître. Le regard posé sur la religion vécue des protagonistes, c'est-à-dire la religion telle qu'elle est comprise et pratiquée par les individus, semble se partager entre deux directions. Les anthropologues inclinent vers une description détaillée des croyances et des pratiques religieuses d'une communauté alors que les documentaristes remettent en question la religion des acteurs qu'ils mettent en opposition avec la religion officielle. En partant de trois exemples, je propose dans ma communication de réfléchir à la façon par laquelle les sociologues peuvent faire du film ethnographique un outil de recherche qui enrichit et complète la compréhension de la religion vécue.

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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