Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-José Durand : Université de Sherbrooke
Actuellement, au Québec, c'est au médecin traitant de porter un jugement sur l'aptitude à reprendre le travail pour de nombreuses maladies comme les maux de dos, la dépression et le cancer. Or les écrits actuels suggèrent l'importance de revenir rapidement au travail, afin d'éviter les effets négatifs de l'exclusion au travail, tels que le déconditionnement physique et psychologique, la perte d'estime de soi ou encore l'isolement. Bien qu'un rapide retour au travail soit de plus en plus préconisé, justifié notamment par les contraintes de main-d'œuvre et les pressions financières des assurances, cela suppose que les employeurs devraient adapter leurs attentes lorsque les employés reviennent au travail. Est-ce vraiment la réalité? Les employeurs adaptent-ils leurs attentes? Cette présentation sera donc l'occasion d'aborder cette question du rapide retour au travail, en discutant également du point de vue de l'employeur.
La politique québécoise de l’emploi fait référence à l’ensemble des interventions déployées par les administrations publiques pour favoriser la création d’emploi et l’insertion en emploi des individus vivant avec des incapacités au travail. Elle se déploie à travers divers programmes et mesures de soutien aux entreprises et aux individus ayant des incapacités. Ainsi, des donneurs d’emploi (employeurs) et des demandeurs d’emploi (individus sans emploi ayant des incapacités) utilisent des instruments d’emploi (programmes, mesures et dispositifs publics) voués à faciliter la rencontre des seconds avec les premiers.
Parce que la politique québécoise de l’emploi est mise en œuvre grâce à l’action de plusieurs types d’acteurs, partenaires et instances, les savoirs sont diffus, produits et véhiculés au sein d’organisations diversifiées et porteuses d’intérêts spécifiques. Or, on en sait peu sur la capacité des instruments d’emploi à favoriser l’insertion durable des populations ayant des incapacités au travail et à renforcer les liens avec les employeurs locaux.
Par ailleurs, on reconnaît largement que la présence de stigmas relatifs aux individus ayant des incapacités limite leur insertion en emploi, contribuant de ce fait à réduire leur capacité à exercer leurs rôles sociaux et de personnes autosuffisantes. Toutefois, on en sait moins sur les processus par lesquels ces stigmas sont véhiculés, produits et maintenus, notamment dans la sphère de l’emploi. Quelles sont les représentations sociales des demandeurs d’emploi et des donneurs d’emploi à cet égard? Comment ces représentations influencent-elles leur rapport avec l’emploi?
Articulés exclusivement au départ en fonction de la démonstration d’une incapacité de travail, les régimes de prestations d’invalidité des pays industrialisés se sont graduellement transformés au cours des vingt dernières années et sont désormais centrés sur la stimulation des capacités résiduelles de travail. Au Québec, ce principe d’activation se retrouve autant dans les programmes de prestations d’invalidité de type assurantiel que dans les programmes d’assistance sociale de dernier recours. Par ailleurs, plusieurs régimes de prestations d’invalidité offrent une allocation de ressources et des services d’aide à l’emploi aux individus avec des incapacités. Ces différents régimes mettent en place des programmes, mesures et procédures associés à l’insertion/réinsertion en emploi de leurs clientèles respectives, sans qu’il existe de pratiques systématisées de partage des savoir-faire.
En somme, ce colloque a pour objectif d’établir des constats sur les difficultés vécues par des personnes à travers différents régimes de prestation d’invalidité au Québec, en plus d’approfondir les différentes facettes de la stigmatisation au regard de l’invalidité professionnelle et de la réintégration au travail.
Titre du colloque :
Thème du colloque :