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Jacques L. Boucher : UQO - Université du Québec en Outaouais
Une revue peut devenir un témoin important de l'évolution d'une société et des débats qui y ont cours concernant son mode de développement. C'est très sûrement le cas de la revue du Ciriec-Canada qui paraît sous le vocable de Économie et Solidarités depuis tout près de 20 ans. Au départ, en 1967, on la désignait comme la Canadian CIRIEC Review / Revue du CIRIEC canadien. Entre 1985 et 1996, elle portait le nom de Coopératives et développement. Ce changement de vocable est déjà indicatif de l'évolution de sensibilités et de pratiques du développement des milieux en lien avec la coopération et plus largement avec l'économie sociale et jusqu'à un certain point l'économie publique. Or, cette évolution dépasse largement les vocables de désignation de la revue pour traverser le contenu des contributions et leurs thématiques, rendant compte de changements dans la perspective tant analytique que pratique du développement des collectivités et de leurs territoires. Dans cette présentation, nous visons à relever et présenter des moments charnières de cette évolution à partir de numéros et articles qui paraissent plus significatifs à cet égard.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.
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