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Nabila Benmostefa : LEST - Laboratoire d'économie et de sociologie du travail
L'organisation possède un patrimoine de connaissances. Le phénomène de vieillissement démographique prend de plus en plus de l'ampleur dans les sociétés modernes. Il occasionne lors du départ à la retraite un risque de perte massive des savoirs, souvent stratégiques pour l'organisation. Avec cette prise de conscience, la transmission intergénérationnelle des connaissances est devenue une issue pour protéger l'entreprise d'un déficit de connaissances. Par ailleurs, face aux exigences du marché et à un environnement économique complexe qui demande une capacité à fournir des réponses rapides, correctes et précises, la communauté de pratique est devenue un des moyens privilégiés des entreprises afin d'assurer le partage des connaissances.
Étant donné que nous sommes en cours de réalisation de revue de littérature, l'objectif de cette communication est double. D'abord, nous présenterons le modèle d'élaboration du profil générationnel d'une organisation, proposé par Ermine (2010). Il s'agit de caractériser la génération pas uniquement par son âge, mais également, par l'aspect social à partir des tendances structurantes communes (caractéristiques liées à l'individu, à l'organisation et à l'environnement). Ensuite, nous aborderons la question de transmission des connaissances entre générations dans les communautés de pratique. Tout en prenant en compte la qualité des liens entre individus et son impact sur le processus de partage.
Dans le contexte du vieillissement de la population, omniprésent dans toutes les sociétés modernes, de nombreux chercheurs s’intéressent aux caractéristiques des générations et aux rapports qu’elles entretiennent entre elles (Dufaut, 2009; Joshi et coll., 2014). Dans les sociétés du savoir (Unesco, 2005) en particulier, où le partage des connaissances entre individus joue un rôle crucial pour le développement, le transfert des connaissances entre générations est devenu un objet d’étude à part entière. Pour plusieurs organisations, l’absence de démarches intentionnelles de transfert intergénérationnel des savoirs a mené à des pertes cruciales et fragilisantes pour leur pérennité. Faute d’une mémoire organisationnelle adéquate, la NASA, notamment, ne dispose plus des connaissances nécessaires pour atterrir sur la Lune (DeLong, 2004)! Dans le même ordre d’idées, la fonction publique québécoise a subi des pertes de savoir importantes (Lemay et coll., 2012). De multiples recherches sont nées en réponse à ces défis. Elles s’interrogent notamment sur les facteurs contextuels à considérer (Delay, 2006; Pijoan et coll., 2012), sur les formes du transfert intergénérationnel des connaissances dans différents environnements professionnels (Dalkir, 2010; Lefebvre, 2000) et dans différents pays (Kuyken, 2015; Shimada, 2014), ou encore sur la nature des connaissances échangées (Holden et coll., 2006). Quand le transfert intergénérationnel des connaissances est abordé depuis une perspective humaine (vs technique) (Nonaka et Takeuchi, 1997), quels en sont les différents aspects qu’un travail interdisciplinaire (mobilisant par exemple les savoirs en éducation, sociologie, histoire, communication, psychologie et les sciences de gestion) peut contribuer à révéler et enrichir? C’est dans cet esprit que ce colloque sollicite des contributions de disciplines et d’univers organisationnels distincts.