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L'acceptabilité sociale et l'action collective : quels liens, processus et modes de développement?

SA

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Sharam Alijani : NEOMA Business School

Résumé de la communication

Cette communication a pour objet d'étudier le processus d'acceptabilité sociale à la lumière des théories de l'acteur-réseau (Latour, 1979, Callon, 1986 ; Law & Hassard, 1999), de l'action collective (Olson, 1965) et des choix publics (Buchanan & Tullock, 1962). L'acceptabilité sociale émane des actions socialement construites qui s'appuient sur les choix et les actions collectives des acteurs confrontés aux logiques opposées et aux schémas coopératifs multiples. Ceci est de nature à modifier le flux d'autorité et à accélérer le processus du changement social.

Notre recherche s'appuie sur des études de cas et des biographies des acteurs (i.e. entrepreneurs, entreprises, organisations) dans les pays d'Europe du nord, de l'est et du sud dont les choix et décisions ont visé à accélérer le changement social, à enraciner la démocratie participative, à renforcer la justice sociale et à assurer le développement économique. Notre étude met également en exergue les contingences politique, économique, sociale et technologique auxquelles les mouvements sociaux, le mode de développement et le processus démocratique sont assujettis. Ceci nous permet de mieux cerner l'origine et l'étendue de l'acceptabilité sociale et son impact sur les mouvements sociaux et la vision du développement.

Résumé du colloque

L’acceptabilité sociale a émergé alors que des projets et des décisions privés comme publics font l’objet d’une contestation grandissante aux niveaux local, national et parfois international. Issue de la controverse, elle traduit le jugement des populations à propos des politiques ou des projets proposés par les décideurs et les promoteurs. Ce jugement populaire est tributaire d’un processus de construction sociale à travers lequel sont formulées les solutions de remplacement face à une situation donnée. Ce jugement est dynamique et peut se transformer au gré des débats sociaux, des enjeux et de l’évolution des valeurs dont il est l’incarnation. Dans cette perspective, l’acceptabilité sociale ne saurait être confinée à la gestion judicieuse d’un projet ou à l’implantation d’une politique au moment de sa promotion ou de son lancement.

En effet, les entrepreneurs doivent prendre acte de la manière dont le progrès est envisagé par les acteurs sociaux tandis que les décideurs publics ne peuvent plus se contenter de mobiliser le processus de démocratie représentative. Les décideurs espèrent parfois canaliser cette dynamique en recourant à des instances de dialogue social dans le cadre d’une démocratie de plus en plus participative. Mais ces instances ne peuvent alors plus jouer le rôle pacificateur qu’on leur prête, car elles demeurent des lieux de débats où s’affrontent des visions du monde qui devront, ultimement, faire l’objet d’arbitrages.

Ce colloque vise à resituer les enjeux de l’acceptabilité sociale dans le cadre d’une réflexion sur les modalités de la démocratie participative et l’action des mouvements sociaux ainsi que sur la vision du progrès et du collectif. Il s’agit de saisir comment s’articulent les débats et les conflits sociaux à l’occasion du lancement de projets industriels et de politiques publiques, et d’évaluer le potentiel et les défis des instances démocratiques intermédiaires à construire des compromis qui se projettent dans une vision d’avenir du développement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Emmanuel Raufflet
section icon Date : 9 mai 2016

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