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Marie Fraser : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication se penche sur les usages évènementiels qui impliquent une réactualisation des collections et dont les impacts ont un effet sur la construction de l'histoire et sur la relation du musée à sa propre histoire : par exemple, les reconstitutions partielles ou complètes d'expositions de collections, les juxtapositions d'œuvres contemporaines et historiques, les interventions d'artistes vivants dans des collections historiques, la mise en vedette d'une œuvre dans des contextes particuliers, politiques ou sociaux, les acquisitions spectaculaires, les contextes de présentation risqués obligeant les musées à revoir leur protocole. Ces stratégies, qui inscrivent l'évènement dans la collection muséale, contribuent à une remise à jour des collections dans de nouveaux récits et reconfigurent la relation du musée au passé en l'ancrant dans une nouvelle contemporanéité. Quels sont les effets de ces nouveaux usages évènementiels sur la mise en récit de l'art ? Quels impacts ont-ils sur le musée et sur ses fonctions de recherche et de conservation ? Au-delà de leur dimension évènementielle, ces stratégies peuvent-elles se concilier avec le mandat scientifique des musées, ont-elles un potentiel critique, voire réflexif ? Une définition de l'évènement dans le champ de l'histoire et une première recension des usages évènementiels des collections fournira quelques réponses à ces questions.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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