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Le chef-d'œuvre comme événement : l'usage de l'actualité dans le programme Picture of the Month

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Mélanie Boucher : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

En 1979, l'historien de l'art Kenneth Clark publie une plaquette sur la question du chef-d'œuvre. Il considère être un chef-d'œuvre une production exceptionnelle qui nous parle aujourd'hui avec l'éloquence dont elle témoignait par le passé. Qu'elle se prête à d'infinies interprétations et rejoigne l'actualité est essentiel pour Clark, qui en expérimente l'idée près de quarante ans plus tôt. Le programme Picture of the Month, qu'il initie en 1942 à la National Gallery de Londres alors qu'il est le directeur présente un seul chef-d'œuvre chaque mois, dans un musée vidé de ses collections afin de toucher un public marqué par la guerre. Cette programmation d'œuvres singularisées remporte un vif succès et aurait même été attendue, aux dires de Clark. Elle formerait la toute première manifestation d'une longue liste d'expositions muséales, parfois nommées Single Work Shows, qui sont particulièrement populaires de nos jours et qui ont pour objectif la mise en valeur d'œuvres ciblées des collections. En retraçant qu'elles ont été les œuvres montrées à National Gallery, de 1942 à 1945, il s'agira ici de considérer l'origine d'une pratique d'exposition et de relever les principaux récits portés par les œuvres. Par là, nous tenterons de déterminer, non seulement l'apport de la singularisation mais également du sujet d'actualité dans l'histoire du chef-d'œuvre et l'évènement de sa présentation.

Résumé du colloque

On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.

Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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