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Isabelle Montésinos-Gelet : Université de Montréal
L'objectif de cette présentation est de contribuer à la réflexion sur le rôle de la maturation et des pratiques enseignantes envers le développement de l'orthographe lexicale et grammaticale au primaire. Au total, 598 élèves des 6 années du primaire ont produit un texte narratif dans le cadre d'un jogging d'écriture d'une durée de 10 minutes consécutif à la lecture interactive d'un album sans texte. Cet album, Prédateurs d'A. Guilloppé, présente une narration de structure canonique mettant en scène un hibou, un chat et leur proie espérée, une souris. Les élèves ont consacré leur attention sur l'énonciation, l'encodage et la matérialisation. Nos données permettent d'examiner le poids respectif de la maturation et des pratiques enseignantes adoptées. Les pratiques quant à l'enseignement de l'écriture sont recueillies à l'aide d'un questionnaire. Les productions écrites des élèves sont analysées en considérant le nombre de mots contenant au moins une erreur orthographique sur le nombre de mots produits. Les erreurs sont catégorisées à l'aide d'une grille inspirée du modèle de Daigle et Montésinos-Gelet (2013) et sont principalement distinguées entre celles qui sont phonologiquement plausibles et celles qui ne le sont pas, puis catégorisées de nouveau de manière à repérer les motifs phonogrammiques, morphogrammiques ou visuo-orthographiques qui les caractérisent. Tant l'outil d'évaluation que la grille d'analyse des erreurs utilisés peuvent être utilisés par des enseignants en classe.
Lire ou écrire un mot requiert que le lecteur-scripteur accède en mémoire à sa forme abstraite, appelée « représentation lexicale » (Apel, 2009; Bonin, 2013; Daigle et al., 2013). Les représentations lexicales sont un ensemble de connaissances phonologiques, morphologiques, visuelles et sémantiques rattachées à des mots qu’un lecteur-scripteur a emmagasinées dans son lexique mental (Coltheart et al., 2001; Plaut, 2011), et leur qualité détermine, dans une certaine mesure, les compétences en lecture-écriture (Ferrand, 2007; Perfetti, 2007). Leur évaluation est un objet de réflexion important dans les milieux scolaires et ceux liés à la recherche. Évaluer les représentations lexicales nécessite, de la part des chercheurs, de mieux définir celles-ci et constitue un défi pour les intervenants qui doivent soutenir leurs élèves dans l’atteinte d’un niveau de compétence écrite nécessaire à leur réussite dans toutes les disciplines. Chercheurs et intervenants doivent constamment se demander si le dispositif utilisé pour évaluer les représentations lexicales répond à leurs objectifs. Le chercheur doit aussi veiller à choisir celui qui permettra à l’élève et aux intervenants de bénéficier des résultats de son évaluation (ceux-ci devant être transformés en objets didactiques ou orthodidactiques). Ce colloque a donc pour but de présenter des dispositifs d’évaluation et des cadres méthodologiques permettant de mesurer les représentations lexicales issues de travaux scientifiques récents qui concernent des contextes divers (dictée-dictée à trous, production écrite guidée-libre, tâche écrite-orale) et visent des objets variés (propriétés formelles des mots, orthographe lexicale-grammaticale). L’étude de la pertinence de ces dispositifs d’un point de vue scientifique et professionnel contribuera à nourrir la réflexion des chercheurs et des intervenants quant à leur impact sur les pratiques enseignantes et la création de dispositifs d’évaluation destinés aux milieux scolaires.
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