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Le droit de manifester? Retour sur le profilage politique dans l'action policière

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Pascale Dufour : Université de Montréal

Résumé de la communication

Un sondage récent portant sur le rapport à la diversité au Québec présente des résultats surprenants au regard du profilage policier vis-à-vis des manifestants. Outre le contexte particulier dans lequel ce sondage a été réalisé, ces données posent question : comment assurer une égalité de traitement en pratique vis-à-vis de certains droits politiques, comme le droit à la liberté d'expression? Où se situe le droit de manifester dans la législation et les pratiques policières au Québec? Le Québec, en particulier la ville de Montréal, s'est distingué ces dernières années par une gestion répressive des manifestations (2012 à 2015). La Ligue des droits et libertés et l'Observatoire sur les profilages tentent de faire accepter la notion de « profilage politique » pour dénoncer le caractère discriminant de la gestion policière des manifestations. On peut également se demander, au regard des résultats du sondage, si ces pratiques ne conduisent pas à une normalisation du profilage politique au sein de la population. À partir des différentes données disponibles, nous tenterons de faire le point sur le profilage dans l'action policière et de réfléchir aux conséquences à moyen terme de ces pratiques.

Résumé du colloque

Ce colloque est organisé par le Collectif de recherche interdisciplinaire sur la contestation (CRIC), nouvelle équipe de recherche interuniversitaire et collégiale financée par le FRQSC (Fonds de recherche Société et culture Québec) depuis juin 2015. Dans ce contexte, plusieurs recherches sur les dynamiques actuelles des mouvements de contestation sont en pleine émergence, et ce colloque permettra d’en présenter les résultats.

En plus de porter une attention aux mouvements de contestation actuels, ce colloque sera l’occasion d’analyser les réactions relatives à cette contestation (répression policière, « backlash » antiféministe), ainsi que ses effets dans la vie privée et dans les dynamiques internes. Même si c’en est un élément important, la contestation ne se réduit pas à la rue : des expériences militantes se multiplient en marge des institutions et dans la vie privée de manière à répondre de façon autonome aux besoins et aspirations des communautés marginalisées, phénomène que Scott (1990) a appelé l’« infrapolitique » des groupes subalternes et Mansbridge (2013), le « militantisme au quotidien », que l’on peut distinguer de la dimension visible des actions médiatisées dans l’espace public.

Par conséquent, ce colloque se penchera sur deux thématiques en lien avec la contestation. Premièrement, les réactions policières envers les mouvements sociaux et la judiciarisation de ces derniers exercent une influence de plus en plus importante sur les mobilisations en Occident, en particulier au Québec, ce qui mérite une attention particulière. Ainsi, la première table ronde regroupe des présentations portant sur la normalisation du profilage politique, la marginalisation politique et la criminalisation de certains groupes spécifiques à travers le projet GAMMA du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) et la création d’espaces de résistances juridiques. La seconde table ronde s’intéresse aux effets structurants sur les mobilisations des dynamiques internes à la lisière privé-public, abordant l’influence des affects dans la (dé)mobilisation des luttes, les rapports sociaux de sexe à l’intérieur d’organismes militant sur des enjeux étudiants et de droit au logement, et les relations entre chercheure et personnes militantes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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