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Melissa Moralli : UniBo - Université de Bologne
Depuis plusieurs années, différentes initiatives d'innovation sociale ont acquis une signification de changement social (Klein et al., 2016). Ces transformations dépassent une vision du développement conceptualisé seulement en termes de croissance économique (Moulaert et al., 2014). D'un point de vue touristique, différentes approches ont été développées pour analyser les nouveaux rapports entre entrepreneurs, tiers secteurs, communautés locales et touristes. Parmi ces approches, le tourisme responsable (Goodwin, 2011) joue un rôle très important pour analyser les conséquences du phénomène touristique en termes sociaux, en considérant les modalités de participation active de la communauté locale dans les processus de développement touristique et de construction d'une capacité réflexive des touristes. Dans ce contexte, nous présenterons les résultats d'une recherche ethnographique sur des itinéraires interculturels urbains qui sont nés en Italie grâce à la collaboration entre un chercheur, une association de tourisme responsable et un groupe de migrants qui maintenant font partie d'un réseau international. En particulier, nous analyserons les bénéfices, les enjeux et les défis de ce projet qui est né au niveau local, mais qui s'est diffusé à différentes échelles spatiales en utilisant des ressources endogènes ainsi qu'exogènes, et qui implique des réflexions en termes d'interculturalité, participation des acteurs locaux et reconfiguration des relations spatiales urbaines.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.
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