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Le traitement médiatique du mouvement #AgressionNonDénoncée dans la presse écrite québécoise francophone

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Raphaëlle Savard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Puisque les agressions sexuelles ne sont pas officiellement dénoncées dans la majorité des cas, l'opinion publique à l'égard de cette problématique est alimentée par le traitement qu'en font les médias. Or, la représentation médiatique de la violence sexuelle est empreinte de stéréotypes à l'égard des victimes. Les médias, qui ont recours au sensationnalisme pour représenter la violence, décontextualisent la violence sexuelle, représentent de manière erronée la nature des agressions, encouragent un discours raciste et banalisent l'expérience des femmes (Gill, 2007; Kitzinger, 2009). Les mots-clics #RapedNeverReported et #AgressionNonDénoncée, initiés par deux journalistes dans la foulée de l'affaire Jian Ghomeshi, avaient comme objectif de créer un espace de témoignages et de discussions qui contourne les voies traditionnelles de l'information. Au total, plus de 8 millions de personnes, majoritairement des femmes, vont s'exprimer en 140 caractères sur la problématique de la violence sexuelle après le lancement de ces mots-clics (Pelletier, 2015). Cette communication porte sur le traitement médiatique de la violence sexuelle et de la prise de parole en ligne par la presse écrite québécoise francophone.

Résumé du colloque

On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.

Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Maria nengeh Mensah
section icon Date : 9 mai 2016

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