Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Claude Paraponaris : Aix-Marseille Université
Le transfert des connaissances est régulièrement présenté dans les études économiques comme un levier de compétitivité. Ce sujet est souvent présent dans le monde des ingénieurs, dans l'univers des relations entre science et industrie, entre différentes générations de salariés /citoyens, chez les sportifs et les artistes et dans le domaine éducatif.
Pourtant les difficultés que rencontre ce transfert des connaissances sont particulièrement sérieuses. Les obstacles au transfert reposeraient sur un manque de motivation ou de confiance des personnes (Cabrera & Cabrera, 2002, Lewine & Cross, 2004). Comme si, en fait, ce transfert ne se suffisait pas à lui-même et devait emprunter des pratiques finalement assez classiques de management. Il ne peut pas être simplement assimilé à une question de flux, mais il doit prendre en compte quelques dimensions assez simples. De ce fait, si l'on comprend bien les enjeux d'un transfert des connaissances dans une visée économique, sociale, éducative ou politique, on doit toutefois user de prudence afin de définir ses termes. L'expérience tendrait à prouver que l'on a sous-estimé le rôle du destinataire (Szulanski, 1996).
Nous présenterons la problématique du transfert en quatre points: ses enjeux économiques, deux méthodes particulièrement éclairantes élaborées par de grands spécialistes à propos des moyens investis et des conditions du transfert, les dimensions organisationnelles et enfin les perspectives du transfert des connaissances.
Dans le contexte du vieillissement de la population, omniprésent dans toutes les sociétés modernes, de nombreux chercheurs s’intéressent aux caractéristiques des générations et aux rapports qu’elles entretiennent entre elles (Dufaut, 2009; Joshi et coll., 2014). Dans les sociétés du savoir (Unesco, 2005) en particulier, où le partage des connaissances entre individus joue un rôle crucial pour le développement, le transfert des connaissances entre générations est devenu un objet d’étude à part entière. Pour plusieurs organisations, l’absence de démarches intentionnelles de transfert intergénérationnel des savoirs a mené à des pertes cruciales et fragilisantes pour leur pérennité. Faute d’une mémoire organisationnelle adéquate, la NASA, notamment, ne dispose plus des connaissances nécessaires pour atterrir sur la Lune (DeLong, 2004)! Dans le même ordre d’idées, la fonction publique québécoise a subi des pertes de savoir importantes (Lemay et coll., 2012). De multiples recherches sont nées en réponse à ces défis. Elles s’interrogent notamment sur les facteurs contextuels à considérer (Delay, 2006; Pijoan et coll., 2012), sur les formes du transfert intergénérationnel des connaissances dans différents environnements professionnels (Dalkir, 2010; Lefebvre, 2000) et dans différents pays (Kuyken, 2015; Shimada, 2014), ou encore sur la nature des connaissances échangées (Holden et coll., 2006). Quand le transfert intergénérationnel des connaissances est abordé depuis une perspective humaine (vs technique) (Nonaka et Takeuchi, 1997), quels en sont les différents aspects qu’un travail interdisciplinaire (mobilisant par exemple les savoirs en éducation, sociologie, histoire, communication, psychologie et les sciences de gestion) peut contribuer à révéler et enrichir? C’est dans cet esprit que ce colloque sollicite des contributions de disciplines et d’univers organisationnels distincts.