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Élène Tremblay : Université de Montréal
Plusieurs théoriciens du web documentaire (Gaudenzi 2013, Gifreu 2009, Gantier 2016) ont décrit les modes d'interactivité proposés par le web documentaire, en s'inspirant des modes du documentaire élaborés par Bill Nichols (1991). Ils n'ont toutefois pas relevé l'intérêt du mode performatif proposé par Nichols, pour décrire l'expérience vécue par le visiteur d'un web documentaire.
Le mode performatif, tel que défini par Bill Nichols, dérive du concept de la performativité du signe linguistique d'Austin (1962); c'est-à-dire, un énoncé qui fait ce qu'il dit, un signe qui génère l'action qu'il décrit. En documentaire linéaire, cela se traduit, par un film qui fait ce qu'il montre et invite à ressentir de façon subjective et incarnée la réalité montrée. Je souhaite avancer que l'interactivité du web documentaire, peut permettre au visiteur, la découverte de réalités documentées en mode performatif. Les gestes de la découverte, de l'exploration, de la participation et du partage, ainsi que l'invitation du visiteur à vivre une expérience à la première personne, se retrouvent intégrés dans la programmation de l'œuvre web.
J'examinerai ici la nature performative de quatre web documentaires avant de réfléchir aux implications de la création et de la conception de projets en mode performatif.
Depuis quelques années, la forme du webdocumentaire vient modifier la réception du contenu filmique documentaire en proposant des modes de découverte interactifs. Au Canada, particulièrement, cette nouvelle forme a été investie avec succès par l’ONF interactif et ses nombreuses productions interactives. Présentant une information organisée, le webdocumentaire peut paraître moins comme un objet audiovisuel qu’un objet de communication pouvant s’apparenter au journal avec ses rubriques et sections. Il offre la représentation de communautés d’individus et d’espaces au sein de laquelle l’internaute peut naviguer librement. Dans ce contexte, la lecture et l’écriture du documentaire apparaissent plus que jamais partagées entre le créateur et le spectateur. Émergent alors de nouvelles relations au contenu, tant pour les créateurs que pour les spectateurs, le documentaire prenant forme dans les parcours singuliers de chaque internaute à travers les jalons construits par son auteur. Ces choix de parcours laissés au spectateur, qui peut quitter en tout temps, remettent en question le rôle de l’auteur (Gifreu Castells, 2011). À l’ère d’Internet, des mobiles et des réseaux sociaux, les habitudes de spectature ont changé; comment les chercheurs-créateurs du webdocumentaire s’adressent-ils à ce nouveau spectateur? Quelles sont les méthodologies de création adoptées? Quelles formes prennent les webdocumentaires et quel type d’engagement proposent-ils au spectateur? Comment est modifiée l’expérience de réception du contenu documentaire? Ce colloque réunissant chercheurs et chercheurs-créateurs tentera de cerner certains des enjeux de création et de réception soulevés par ce nouvel objet médiatique en mouvance qu’est le webdocumentaire.
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