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Johann Vallerand
Malgré une recherche qui se développe depuis une dizaine d'années (Fayolle, 2005 ; Hytti et Kuopusjärvi, 2004 ; Moro et al., 2004 ; Peterman et Kennedy, 2003 ; Souitaris et al., 2006), la compréhension des effets des enseignements de l'entrepreneuriat sur le développement de capacités et des comportements entrepreneuriaux demeure en effet opaque, voire confuse. Comme les nouvelles technologies le permettent, les simulations d'entreprise n'ont jamais été aussi près de la complexité des entreprises actuelles. Les dispositifs d'enseignement ne peuvent plus ignorer cette utilisation qui impose la conception et la mise en œuvre de nouvelles stratégies pédagogiques. Les simulations d'entreprises peuvent en faire partie. L'intérêt des simulations est expliqué par Cartier et Forgues (2006) qui citent trois avantages : la simulation impose une formalisation poussée de la théorie ; elle permet d'approcher les conditions de l'expérimentation, et aide à la compréhension des concepts de gestion en établissant des liens entre des processus non linéaires. La question du contenu des enseignements mérite d'être posée aujourd'hui. Elle renvoie dans notre étude à une expérience des simulations en gestion afin d'éduquer l'esprit d'entreprendre.
L’éducation à l’esprit d’entreprendre relève d’un objectif éducatif inscrit dans les priorités politiques supranationales. Des dispositifs novateurs se développent dans les systèmes éducatifs visant à développer une culture de l’action et une mentalité favorisant l’esprit d’initiative, l’autonomie, la créativité et, par-là, des comportements « entrepreneuriaux ». Sous l’impulsion de chercheurs en sciences de l’éducation, ce colloque réunira des travaux qui étudient ces dispositifs, leurs impacts, leurs atouts, leurs limites, de même que leurs difficultés et enjeux de mise en œuvre. Si les incitations politiques sont globalement convergentes, les pratiques qui se développent sont plus hétérogènes. Les travaux sollicités dans le cadre de ce colloque constitueront dès lors un moyen de comprendre dans quel sens évoluent les dispositifs associés à l’éducation à l’esprit d’entreprendre et l’activité des acteurs qui participent à leur déploiement (enseignants et autres acteurs concernés). Globalement, il s’agira de faire fonctionner l’éducation à l’esprit d’entreprendre comme un indicateur-analyseur de l’évolution de la forme éducative de la société, de comprendre quelle place lui est faite dans l’enseignement (et les curricula) et selon quelles modalités d’intégration dans la forme scolaire. Sans négliger la compréhension de la généalogie d’un tel projet éducatif, le développement de ces dispositifs sera étudié sur l’ensemble du continuum éducatif (de l’éducation au préscolaire à l’enseignement supérieur). Si les questions : « Peut-on éduquer à l’esprit d’entreprendre, comment et pourquoi? » ne semblent plus se poser sur le plan politique, ce colloque cherchera à interpeller les évidences sociales. Continuant à cet égard à construire le point de vue de la recherche en éducation sur ces questions, un éclairage pluridisciplinaire sera également recherché dans le but d’imaginer l’avenir des travaux sur un sujet de recherche encore largement traversé d’énoncés de croyance.
Ce colloque entend prendre une forme originale, visant à mettre en dialogue les recherches et les pratiques sur l’éducation à l’esprit d’entreprendre. Des chercheurs issus de la francophonie ont été invités à venir présenter leurs résultats de recherche. Des partenaires de terrain, acteurs et organismes qui développent concrètement l’entrepreneuriat dans les écoles, seront également invités. Leur rôle consistera, en tant que premiers intéressés par les résultats de recherche présentés, à agir en tant que « discutants » et à interpeller les travaux des chercheurs (hypothèses, résultats). Ce dialogue entre recherche et pratique vise, in fine, à dégager de nouveaux axes de recherche porteurs. S’étalant sur deux journées, le colloque se poursuivra par la publication conventionnelle d’actes dans la revue Formation emploi, de même que par la création de capsules vidéo recueillies durant le colloque et permettant de faire bénéficier ses conclusions à un plus large auditoire.