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Bruno Poulin : École nationale de police du Québec
Est-ce qu'un policier voit systématiquement l'ensemble des éléments pouvant être perçus dans son champ de vision lors d'une intervention policière? Est-ce que la mémoire humaine permet d'encoder l'ensemble des informations perçues sur les lieux d'intervention? Quels sont les facteurs humains pouvant influencer sa perception d'une situation vécue en condition de stress? Avec l'implantation probable des caméras corporelles au sein des organisations policières, il y a lieu de s'interroger sur les aspects pouvant influencer la prise de décision des policiers selon leur perception du moment, en opposition à ce qui peut être capté par une caméra. Cette conférence permettra de se familiariser avec certains facteurs humains et de reconnaître les impacts de ces facteurs sur l'intervention policière impliquant l'emploi de la force et les personnes impliquées. Notamment, il sera question du système de vision, de l'attention sélective, de la vision tunnel, de la cécité d'inattention, ainsi que de l'effet du stress sur la perception humaine. Ces facteurs humains seront discutés afin de faire ressortir comment ils peuvent influencer l'analyse d'une intervention policière à postériori à partir d'images captées par une caméra corporelle, ou encore, à partir du récit d'un témoin de la scène.
On parle de plus en plus d’équiper les policiers de caméras filmant leurs interventions auprès de la population. Plusieurs villes américaines et européennes l’ont déjà fait, et on peut facilement trouver une partie des vidéos résultantes sur le Web; la possibilité est encore au stade de l’étude au Canada, avec la mise en place récente de projets pilotes dans plusieurs grandes villes du pays, mais les caméras corporelles semblent appelées à devenir une pièce d’équipement incontournable. Les caméras corporelles sont souvent présentées comme une façon de contrôler à distance le comportement des policiers et des sujets d’intervention, mais leur utilisation a des implications de différentes natures. Ce colloque vise à discuter de ces implications : les coûts financiers (équipement, stockage des données), les défis procéduraux (quoi filmer? à partir de quel moment? quelles images diffuser? de quelle façon?), les questions juridiques (utilisation comme élément de preuve), mais aussi les effets sur la relation entre la population et la police, sur les perceptions du public, et autres. Le colloque regroupe des conférenciers de milieux universitaires présentant des travaux empiriques sur le sujet, mais aussi des acteurs impliqués dans le développement des bonnes pratiques et de la formation des policiers afin d’offrir un portrait global des enjeux et défis liés au port de caméras corporelles par les policiers du Québec.
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