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Noémia Ruberto : UQO - Université du Québec en Outaouais
Orthographier les mots est l'un des apprentissages les plus importants à l'école primaire et représente un grand défi pour les élèves (MEESR, 2015). Pour orthographier correctement, le scripteur doit se construire des représentations lexicales précises des mots. Afin d'évaluer la qualité de ces représentations, des chercheurs ont eu recours à une production de texte écrit (FRQSC, 2010-2013 ; Plisson, 2013; Treiman, 1993) alors que d'autres ont utilisé des dictées de mots et/ou de pseudo-mots (Bosse et al., 2003; Écalle, 1998; Martinet et al., 1999, 2004; Snowling, 1994). Dans notre présentation, seules les implications en lien avec la dictée seront abordées. Traditionnellement, la dictée est un exercice durant lequel les élèves sont appelés à produire les formes graphiques correspondant à un texte choisi et lu à voix haute, et ce, en l'absence de toute aide extérieure (Angoujard, 1994). Avec les années, la dictée traditionnelle a été transformée de manière à créer divers types de dictées, dont la dictée trouée. Nous discuterons de la possibilité d'utiliser celle-ci pour évaluer les représentations lexicales des élèves en nous attardant aux variables à prendre en compte ainsi qu'aux différentes informations qu'elle peut nous fournir sur les représentations lexicales des élèves. Nous verrons enfin quelles sont les implications de l'utilisation d'une telle dictée pour les enseignants et les chercheurs.
Lire ou écrire un mot requiert que le lecteur-scripteur accède en mémoire à sa forme abstraite, appelée « représentation lexicale » (Apel, 2009; Bonin, 2013; Daigle et al., 2013). Les représentations lexicales sont un ensemble de connaissances phonologiques, morphologiques, visuelles et sémantiques rattachées à des mots qu’un lecteur-scripteur a emmagasinées dans son lexique mental (Coltheart et al., 2001; Plaut, 2011), et leur qualité détermine, dans une certaine mesure, les compétences en lecture-écriture (Ferrand, 2007; Perfetti, 2007). Leur évaluation est un objet de réflexion important dans les milieux scolaires et ceux liés à la recherche. Évaluer les représentations lexicales nécessite, de la part des chercheurs, de mieux définir celles-ci et constitue un défi pour les intervenants qui doivent soutenir leurs élèves dans l’atteinte d’un niveau de compétence écrite nécessaire à leur réussite dans toutes les disciplines. Chercheurs et intervenants doivent constamment se demander si le dispositif utilisé pour évaluer les représentations lexicales répond à leurs objectifs. Le chercheur doit aussi veiller à choisir celui qui permettra à l’élève et aux intervenants de bénéficier des résultats de son évaluation (ceux-ci devant être transformés en objets didactiques ou orthodidactiques). Ce colloque a donc pour but de présenter des dispositifs d’évaluation et des cadres méthodologiques permettant de mesurer les représentations lexicales issues de travaux scientifiques récents qui concernent des contextes divers (dictée-dictée à trous, production écrite guidée-libre, tâche écrite-orale) et visent des objets variés (propriétés formelles des mots, orthographe lexicale-grammaticale). L’étude de la pertinence de ces dispositifs d’un point de vue scientifique et professionnel contribuera à nourrir la réflexion des chercheurs et des intervenants quant à leur impact sur les pratiques enseignantes et la création de dispositifs d’évaluation destinés aux milieux scolaires.
Thème du colloque :