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Didier Prioul : Université Laval
L'évènement, comme objet singulier qui fait irruption dans un système d'objets déjà constitué, peut être daté de 1785 alors que Jacques-Louis David présente Le Serment des Horaces au Salon. Si l'histoire est bien connue, elle fonde une pratique qui fait de l'évènement un acte esthétique. L'action se trouve ainsi engagée dans l'évènement, elle est à la fois la condition de sa réalisation et de sa réussite. En même temps, la notion d'action est liée à celle de liberté, c'est-à-dire de faire l'évènement, soi-même et par soi-même. Cette stratégie du coup d'éclat prendra un autre chemin que la provocation interne au musée et les avant-gardes feront l'évènement ailleurs, de manière visible et dispersée. Le lien entre l'évènement et les collections de musées se constituera différemment au XXe siècle, passant d'un sujet individuel à un sujet collectif. Le terme « évènementiel », qui fait son apparition dans le vocabulaire en 1931, à l'époque des totalitarismes, possède lui aussi un lieu, une date et un évènement : Londres, 1930 et l'exposition de l'art italien (1200-1900). C'est la complexité de ces deux notions, à la fois séparées et imbriquées – évènement/évènementiel – qui fera l'objet de notre communication. À partir d'exemples ponctuels, nous essaierons de comprendre ce qui, dans cette longue durée, imprime aujourd'hui sa marque sur les usages évènementiels des collections muséales.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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