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Brahim Boudarbat : Université de Montréal
Selon l'OIT, la détérioration de la situation des jeunes sur le marché du travail est l'un des grands problèmes auxquels font face tous les pays du monde. Au Québec et au Canada de plus en plus de jeunes sont issus de l'immigration. Une littérature abondante a mis en évidence les problèmes d'intégration en emploi des nouveaux arrivants et les facteurs qui expliquent ces problèmes. La situation des jeunes issus de l'immigration a reçu relativement moins d'importance dans cette littérature. Notre objectif principal est de vérifier dans quelle mesure les sociétés d'accueil tirent avantage du potentiel que représentent ces jeunes. Nous avons considéré les jeunes Canadiens de 15 à 29 ans que nous avons scindés en cinq groupes : (1) les jeunes de la troisième génération et plus; (2) les jeunes de la deuxième génération dont un seul paren test né à l'étranger; (3) les jeunes de la deuxième génération dont les deux parents sont nés à l'étranger; (4) les jeunes de la première génération arrivés à l'âge de 12 ans ou moins; et (5) les jeunes de la première génération arrivés après l'âge de 12 ans. Ces groupes sont comparés en considérant l'origine ethnique, les connaissances linguistiques, le niveau de scolarité, l'accès à l'emploi, et certaines conditions de travail. Les données proviennent du recensement et de l'Enquête nationale auprès des ménages et couvrent la période 2001-2011. Nous comparons également la situation au Québec avec celle qui prévautdans le reste du Canada.
Au cours des dernières décennies, le Québec a connu les effets du baby-boom puis du baby-bust (effondrement de la natalité), transition accompagnée de plusieurs vagues d’immigration de type et de provenance différents. Depuis 2001, l’immigration représente d’ailleurs la principale source de la croissance de la population du Québec. L’effectif de la main-d’œuvre est en partie le résultat de cette évolution, mais aussi de changements de comportements et de caractéristiques de divers groupes sociaux face au marché du travail.
Alors que le vieillissement de la population suscite des préoccupations quant à l’avenir de la croissance de la main-d’œuvre, l’évolution des rapports complexes entre les comportements démographiques, l’activité et l’emploi s’impose comme enjeu de recherche stratégique. Comme le soulignaient Laplante et Godin (2003), « […] la relation entre l’évolution de la population active et de la population employée d’une part, et les phénomènes démographiques stricto sensu d’autre part, est maintenant un système complexe où la décision de participer au marché du travail joue vraisemblablement un rôle plus important que l’offre d’emploi. Dans un tel contexte, prévoir l’utilisation de la population active et de la population employée requiert vraiment des hypothèses sur la nature et la répartition des comportements […]. » Depuis une dizaine d’années, d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine grâce à l’accès à de nouvelles sources de données et aux développements méthodologiques en matière de modélisation.
Ce colloque a pour principal objectif de réunir les chercheurs qui s’intéressent, d’une part, aux processus démographiques et, d’autre part, aux tendances économiques et sociales qui interagissent avec ces processus et qui ensemble déterminent l’effectif, la composition et la productivité de la main-d’œuvre. Le colloque sera sous la responsabilité scientifique d’Yves Carrière, responsable du colloque annuel de l’ADQ (Association des démographes du Québec), Benoît Dostie, directeur du CIQSS (Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales), et Pierre-Carl Michaud, cotitulaire de la Chaire Industrielle-Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.
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