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Gilbert Émond : Université Concordia
L'étude du VIH tient à la fois des traditions scientifiques et d'approches innovantes. Sans l'un et l'autre, elle n'aurait pas obtenu ses succès.
Toutefois, des questions plus difficiles touchant la marge sociale sont ignorées, exemple : quelle est la gravité du VIH dans les communautés autochtones du Québec ? Comment aborder la croissance géométrique de l'épidémie chez les jeunes quand ils passent de 18 à 35 ans (à chaque âge la présence du VIH est plus ample et rejoint les moyennes des 35 ans et plus)?
Ces questions complexes tendent à menacer la santé de ces communautés et à maintenir stable ou croissante l'épidémie du VIH au Québec. Tout ça parce qu'on n'y porte pas attention, parce qu'on ne sait pas prévenir le VIH en engageant ces personnes dans ces questions. Ce sont aussi des populations démunies par manque de recherche, de prévention et d'initiatives.
Pour contrer ceci, on a besoin d'esprit critique, de réflexion avec ces populations et d'initiatives engageantes avec de l'audace pour décaper nos vieux vernis. Enrichir l'université hors les murs (UhM) de moyens pour innover dans les déjà traditionnelles recherches et interventions sur le VIH est un moyen hautement pertinent pour créer des initiatives riches, critiques, jeunes, innovantes et proches des problématiques mises en marge de notre société. Cette présentation/essai examinera comment l'UhM s'avère une composante avantageuse de l'innovation en VIH.
La recherche en partenariat, sous l’action combinée des groupes sociaux traditionnellement objets d’étude et des bailleurs de fonds, occupe un rôle croissant dans de nombreux domaines de recherche en santé et en sciences sociales, dont la recherche sur le VIH/sida. Une étape logique de l’histoire du partenariat fructueux avec le milieu universitaire et du renforcement des capacités des acteurs de terrain est, d’une part, l’émergence de projets de recherche menés en grande partie par le milieu communautaire. D’autre part, des réseaux communautaires d’échanges locaux, régionaux et internationaux créent des dynamiques de circulation des expériences et des savoir-faire. Il en résulte un foyer d’innovation en recherche qui est caractérisé par l’interdisciplinarité des approches, la prégnance des revendications politiques ainsi que des tensions entre institutionnalisation et militantisme. Les enjeux éthiques de représentativité des populations minorisées et d’utilisation rapide des résultats de recherche pour le changement social (ou la structuration de l’action communautaire) sont débattus avec plus d’urgence au cours des projets. Enfin, les paramètres d’une coopération scientifique multilatérale (et non seulement entre l’université et la communauté) sont renégociés régulièrement, notamment par de nouveaux chercheurs et membres de la relève. L’ensemble de ces enjeux peinent à être étudiés de la perspective des actrices et acteurs communautaires en recherche eux-mêmes. Ce colloque vise à pallier ce manque et à décrire les échanges communautaires panaméricains passés et actuels en matière de recherche sur le VIH/sida tout en proposant une réflexion critique sur ce champ d’action à la croisée des chemins.
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