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Frédéric F. Payeur : Institut de la statistique du Québec
En annonçant 10 millions d'habitants à l'horizon 2061, le scénario de référence de la plus récente édition des projections démographiques de l'Institut de la statistique du Québec rehausse encore d'un cran les perspectives de croissance de la population québécoise. Il n'en demeure pas moins que le groupe des 20 64 ans, couramment cité pour représenter la population en âge de travailler, se dirige toujours vers un léger déclin de 2017 à 2030. Au même moment, les deux autres grands groupes d'âge croitront, tout particulièrement celui des aînés. Dans certaines régions du Québec, la population des 20-64 ans pourrait décroître de 25 % d'ici 2036, pendant que le nombre d'aînés pourrait presque doubler. Bien que le nombre des 20-64 ans et les indicateurs qui en découlent reposent sur une approximation imparfaite de la population susceptible de travailler et de supporter les jeunes et les aînés, ils sont souvent les seuls indicateurs disponibles pour les comparaisons entre pays, provinces ou périodes historiques. À l'aide des données les plus récentes, une comparaison du défi démographique auquel font face le Québec, les pays de l'OCDE et les provinces canadiennes sera présentée, sous l'angle plus précis des 20-64 ans et de leur part dans la population totale.
Au cours des dernières décennies, le Québec a connu les effets du baby-boom puis du baby-bust (effondrement de la natalité), transition accompagnée de plusieurs vagues d’immigration de type et de provenance différents. Depuis 2001, l’immigration représente d’ailleurs la principale source de la croissance de la population du Québec. L’effectif de la main-d’œuvre est en partie le résultat de cette évolution, mais aussi de changements de comportements et de caractéristiques de divers groupes sociaux face au marché du travail.
Alors que le vieillissement de la population suscite des préoccupations quant à l’avenir de la croissance de la main-d’œuvre, l’évolution des rapports complexes entre les comportements démographiques, l’activité et l’emploi s’impose comme enjeu de recherche stratégique. Comme le soulignaient Laplante et Godin (2003), « […] la relation entre l’évolution de la population active et de la population employée d’une part, et les phénomènes démographiques stricto sensu d’autre part, est maintenant un système complexe où la décision de participer au marché du travail joue vraisemblablement un rôle plus important que l’offre d’emploi. Dans un tel contexte, prévoir l’utilisation de la population active et de la population employée requiert vraiment des hypothèses sur la nature et la répartition des comportements […]. » Depuis une dizaine d’années, d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine grâce à l’accès à de nouvelles sources de données et aux développements méthodologiques en matière de modélisation.
Ce colloque a pour principal objectif de réunir les chercheurs qui s’intéressent, d’une part, aux processus démographiques et, d’autre part, aux tendances économiques et sociales qui interagissent avec ces processus et qui ensemble déterminent l’effectif, la composition et la productivité de la main-d’œuvre. Le colloque sera sous la responsabilité scientifique d’Yves Carrière, responsable du colloque annuel de l’ADQ (Association des démographes du Québec), Benoît Dostie, directeur du CIQSS (Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales), et Pierre-Carl Michaud, cotitulaire de la Chaire Industrielle-Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.
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