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Tamara Vukov : Université de Montréal
J'entends mettre en lumière les enjeux de pouvoir et d' (im)matérialité qui façonnent une certaine ambivalence vis-à-vis le webdocumentaire (Nash et al, 2014, Juhasz 2014). Les webdocs sont prometteurs en tant qu'espace multimodal mais une approche trop descendante (top-down) s'imposant comme une obligation, et une tendance vers "a technologically determined and enthusiastic advocacy of novelty" (Dovey 2016), ont alimenté des débats et des tensions dans ce champ de création (Kirby 2015).
Est-ce que ces tensions sont encore actuelles ? Est-ce qu'une certaine fétichisation de l'innovation et de l'interactivité a restreint le développement ouvert et accessible de cette forme? Est-ce que l'interactivité est si libératrice, et quelle place occupent les rhétoriques de la participation dans une démocratisation de la production? Quelle est l'importance du faible taux de participation? Quelles négociations surviennent lorsqu'un cinéaste doit travailler avec une grande équipe de design et de programmation? Tous les cinéastes devraient-ils devenir des programmeurs? Quel est l'avenir des webdocumentaristes travaillant à petite échelle? Je m'appuierai sur des entrevues avec des cinéastes et producteurs/-trices de webdocumentaires, ainsi que sur mes réflexions en tant que chercheuse-créatrice travaillant sur un projet de webdoc. J'entends proposer une réflexion sur l'importance de développer une écologie des pratiques webdocumentaires à petite échelle et indépendantes. (Dovey 2014, Juhasz 2014).
Depuis quelques années, la forme du webdocumentaire vient modifier la réception du contenu filmique documentaire en proposant des modes de découverte interactifs. Au Canada, particulièrement, cette nouvelle forme a été investie avec succès par l’ONF interactif et ses nombreuses productions interactives. Présentant une information organisée, le webdocumentaire peut paraître moins comme un objet audiovisuel qu’un objet de communication pouvant s’apparenter au journal avec ses rubriques et sections. Il offre la représentation de communautés d’individus et d’espaces au sein de laquelle l’internaute peut naviguer librement. Dans ce contexte, la lecture et l’écriture du documentaire apparaissent plus que jamais partagées entre le créateur et le spectateur. Émergent alors de nouvelles relations au contenu, tant pour les créateurs que pour les spectateurs, le documentaire prenant forme dans les parcours singuliers de chaque internaute à travers les jalons construits par son auteur. Ces choix de parcours laissés au spectateur, qui peut quitter en tout temps, remettent en question le rôle de l’auteur (Gifreu Castells, 2011). À l’ère d’Internet, des mobiles et des réseaux sociaux, les habitudes de spectature ont changé; comment les chercheurs-créateurs du webdocumentaire s’adressent-ils à ce nouveau spectateur? Quelles sont les méthodologies de création adoptées? Quelles formes prennent les webdocumentaires et quel type d’engagement proposent-ils au spectateur? Comment est modifiée l’expérience de réception du contenu documentaire? Ce colloque réunissant chercheurs et chercheurs-créateurs tentera de cerner certains des enjeux de création et de réception soulevés par ce nouvel objet médiatique en mouvance qu’est le webdocumentaire.
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