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Jean-Laurent Rosenstrauch : École des hautes études en sciences sociales
La question des violences faites aux femmes connaît une légitimité scientifique assez récente dans les enquêtes sociologiques statistiques (Enveff, 1997-2003) : elle est associée de plus en plus souvent au concept de genre dans la recherche féministe française (Lieber, Marylène, 2008 ; Enquête Virage, 2014).
Notre travail vise à présenter la contribution de la sociologie historique quant à la compréhension de la production statistique de ce fait social, en étudiant les contextes des transformations sémantiques (de la figure des « femmes battues » à la terminologie publique sur les violences conjugales à partir de l’année 1989 pour aboutir aux violences faites aux femmes et à la violence de genre dans les années 2000) ainsi que les « ruptures contradictoires » des années 1994-1997. L’analyse secondaire des données statistiques produites par des enquêtes associatives ou publiques permet ainsi de comprendre l’ampleur des changements de regard du féminisme vis-à-vis de l’outil statistique, notamment sur cette question sensible des violences, et sur celle du viol. Le féminisme ayant à juste titre critiqué le chiffre noir du viol : il est un des crimes le moins déclaré aux autorités policières. In fine, l’Enveff représente un tournant pour la recherche scientifique française d’inspiration féministe qui se réconcilie avec l’ensemble de la communauté scientifique, en appliquant les méthodes classiques de la statistique publique.
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