Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Lise Gremion : Haute école pédagogique BEJUNE
En utilisant, comme matériau principal, dix ans de signalements scolaires, les résultats de la recherche présentée mettent en évidence l'importante de la transition du préscolaire au primaire en particulier pour les enfants de familles socio économiquement défavorisées. Ils montrent que ce sont des éléments arbitraires et sans lien avec des difficultés avérées qui conduisent à modifier les trajectoires scolaires de ces élèves, et que les mesures d'aides spécialisées, qui sont offertes, les pénalisent plus qu'elles ne les aident. Étiquetés à tort d'élèves en difficulté d'apprentissage, ils voient leur avenir scolaire s'allonger et se péjorer sans qu'aucune déficience avérée ne l'explique. Sur l'envers de bonnes intentions, ces résultats, en écho à ceux de recherches précédentes, interrogent les risques liés à la désignation des élèves et à leur signalement.
Les déclarations internationales et les législations étatiques et scolaires concordent aujourd'hui quant à la pertinence et l'importance de l'intégration, voire de l'inclusion de tous les élèves dans les classes ordinaires. Paradoxalement, et malgré de réelles avancées dans ce domaine, tant en Amérique du Nord qu'en Europe, des recherches montrent depuis plus de 50 ans et avec une récurrence déconcertante que les garçons de minorités culturelles et de milieux sociaux défavorisés sont, plus fréquemment que les autres, désignés comme nécessitant des mesures d'aides spécialisées.
Les premières transitions scolaires sont des périodes charnières pour l’engagement scolaire des élèves, l’engagement parental et celui des milieux qui les entourent. Elles constituent le début de l’histoire scolaire. Plusieurs éléments influent sur le succès de cette transition. Les enfants vivant avec des facteurs de risque sociaux et économiques, et leur famille auraient avantage à bénéficier de plus d’activités de préparation de la transition (Wildenger et McIntyre, 2011). En effet, dans les milieux à risque, une transition réussie permet d’observer des enfants engagés qui développent un sentiment positif envers l’école. Les parents deviennent des partenaires dans l’apprentissage de leurs enfants (Ramey et Ramey, 1999). Cette transition est aussi importante pour les enfants ayant des besoins particuliers, puisqu’une adaptation non réussie dès le préscolaire oriente leur disposition envers l’école et risque de perturber leur trajectoire scolaire. On note aussi que l’âge des enfants lors de leur entrée à l’école est à considérer par les milieux scolaires. Plusieurs stratégies ont été mises en place pour favoriser la réussite éducative des enfants et rapprocher l’école et les familles. Pensons au Programme Passe-Partout déployé dans les milieux à risque, à l’implantation graduelle de la maternelle à 4 ans, au déploiement du Guide pour soutenir la première rentrée scolaire de qualité, au développement d’outils de partage d’information tels que Passerelle, etc.
Dans le contexte québécois où la responsabilité des services préscolaires est partagée entre trois ministères, les familles et la communauté, le colloque se veut un espace d’échange dans lequel chercheurs, étudiants, professionnels et spécialistes de la petite enfance viendront partager leurs connaissances, leurs résultats de recherche et leurs réflexions afin de mobiliser les différents acteurs des premières transitions scolaires à œuvrer tous ensemble pour soutenir des transitions de qualité.