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Quelle conception de l'éthique dans la communication publique? Malentendus entre substance et procédure

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Alain Létourneau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Si nous voulons réfléchir à l'ensemble complexe et très vaste des interactions entre les débats publics d'une part et l'éthique sous ses diverses modalités d'autre part, et en particulier à ce que le débat public fait à l'éthique et l'inverse, la difficulté épistémologique à laquelle nous sommes confrontés est considérable en raison du fait que ces discours ne sont pas isolés les uns des autres. Dans le cadre de cette communication, une avenue possible pour cadrer, donc pour interpréter (Sproule, 1980; Putnam, 2010) d'une certaine manière cet ensemble de relations sera d'interroger l'espèce de mécompréhension qui caractérise la « rencontre » entre d'une part la conception procédurale de l'éthique mise en jeu suite à Rawls et Habermas notamment dans les éthiques appliquées, et d'autre part les conceptions plutôt substantielles de l'éthique qui se donnent à lire et entendre de manière récurrente dans des usages médiatiques soulevant des « enjeux éthiques », en lien chaque fois avec des domaines de pratiques singuliers. Cette hypothèse permet de générer des scénarios d'effets vraisemblables, reste à savoir si des pièces concrètes ou thèmes particuliers récents pourront permettre de la valider du moins en partie.

Résumé du colloque

La relation entre éthique et débat public est aujourd’hui animée d’un double mouvement d’intégration. D’une part, la discussion sur les enjeux sociaux, qui prend essentiellement place en communication publique, est très fréquemment marquée par des préoccupations éthiques; d’autre part, en se déplaçant vers les pratiques sociales et en s’institutionnalisant, l’éthique s’inscrit de plus en plus dans un cadre communicationnel. L’éthique influe donc sur la communication et, à l’inverse, la communication influe sur l’éthique.

Si certains débats sont proprement de nature éthique (l’aide médicale à mourir, la procréation assistée, etc.), d’autres qui ne le sont pas intrinsèquement le deviennent au gré des interventions publiques qui leur adjoignent une incidence éthique (la vie sexuelle de personnalités publiques, certains comportements économiques et financiers, des productions artistiques faisant scandale, etc.). Pour paraphraser ce que dit Bernard Miège au sujet de la communication, on peut presque affirmer que la société a été conquise par l’éthique. En effet, presque toutes les activités humaines, qu’elles soient politiques, sociales, économiques, culturelles et mêmes sportives, peuvent susciter un questionnement éthique.

Par ailleurs, sans doute comme un effet en retour de cette inflation de l’éthique dans l’espace public, mais aussi en réponse à une demande sociale forte, l’éthique a cessé d’être un champ de réflexion réservé aux universitaires pour devenir une pratique sociale qui s’exerce dans un environnement communicationnel. Aujourd’hui, pour une part importante, les objets de la réflexion et de la pratique éthiques se déterminent en fonction du débat public et aussi de la communication publique, dans la mesure où on définit cette dernière comme l’ensemble des phénomènes relatifs à l’information portant sur les enjeux sociaux.

Le but de ce colloque est d’explorer les effets, pour l’une et pour l’autre, de cette imbrication de l’éthique et de la communication publique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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