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Aude Jimenez : UQAM - Université du Québec à Montréal
CIBL-Radio Montréal fut la première radio communautaire en ligne au Québec (Sondervost et Blondin, 2010) et aujourd'hui, la station propose plus de 40 pages Facebook, un site internet avec écoute en direct, des centaines d'heures de podcasts. Or, la radio communautaire se veut, partout dans le monde, une radio « par et pour » la communauté, une radio participative et c'est à ce niveau, principalement, que l'on rencontre le plus de phantasmes liés au passage des médias, dont la radio, au numérique : ils permettraient de nouvelles formes de communautés, de nouveaux modes de participation (Bird, 2011; Carpentier, 2011).
Qu'en est-il exactement de ces nouvelles applications numériques radiophoniques ? Ont-elles fait évoluer la participation des acteurs de CIBL, autant du côté de ceux qui la font que de ceux qui l'écoutent ?
Une enquête ethnographique menée au sein de la station CIBL-Radio Montréal nous permet de présenter, en premier lieu, un état des lieux des modes de production et d'écoute de CIBL « version numérique ». Ensuite nous analyserons les changements survenus au niveau des formes de participation de la station communautaire depuis l'arrivée de nouvelles applications en ligne. Finalement, nous discuterons des évolutions remarquées par les artisans de CIBL eux-mêmes dans leurs pratiques pour voir si effectivement, le « numérique » joue le rôle de catalyseur de participation qu'on lui prête volontiers dans les imaginaires médiatiques.
Le terme « numérique » est partout présent, qu’il s’agisse d’économie, de culture, de surveillance, etc. Une expression telle que « société numérique » est même devenue d’usage commun. Les gouvernements ont adopté des stratégies en la matière. Il est indéniable que les informations transitent dorénavant sous forme de codage binaire, et que les réseaux et les écrans de toutes sortes sont omniprésents dans toutes les activités de la vie quotidienne. Mais qu’en est-il vraiment de l’influence du numérique dans la transformation de nos sociétés, notamment dans les sphères de la culture et des médias?
Pour répondre à ce questionnement, voici des pistes de réflexion et autant de sous-thèmes sur lesquels nous solliciterons des interventions :
1) Le terme « numérique » s’avère avant tout de l’ordre du discours. Est-il possible de lui trouver une filiation avec d’autres syntagmes datés comme « société câblée » ou « société de l’information »? Quels rapports a-t-il avec des notions plus récentes telles que « Web collaboratif » et « industries créatives »? Dans quelle mesure peut-on considérer qu’il s’agit d’un discours idéologiquement orienté? Ou qu’il constitue un jalon dans la réflexion épistémologique?
2) Le terme « numérique » s’impose ainsi dans un ensemble de pratiques sociales. Il favorise de nouveaux modes de création, circulation et appropriation de la production culturelle et médiatique qui provoquent d’importants changements sans pour autant faire table rase du passé. Comment se redynamise le terrain de la culture et des médias où les formes dominantes côtoient des formes résiduelles? Peut-on parler de dynamiques numériques transversales? Que dire des transformations amorcées au sein des organisations et des métiers, à l’instar de celui du journalisme? Plus globalement, le numérique facilite-t-il la surveillance, la domination de la technique ou du capitalisme, ou est-il un facteur d’émancipation? Dans quelle mesure peut-on dépasser ce dualisme?
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