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Joannie Dubois : UQAM - Université du Québec à Montréal
Quelques recherches ont déjà mis en évidence la pertinence d'utiliser l'activité théâtrale en classe de langue afin d'améliorer les compétences des élèves en lecture (Smith, 2011), en oral (La Von Bridges, 2006) et en écriture (MacFadden, 2010). Pour leur part, Charlot (1997) et Simard (2004) soulignent que ce type d'activité renforcerait le rapport à la culture de l'élève. Malgré le constat de l'apport positif de l'activité d'ordre artistique en classe de français, le genre théâtral y est actuellement considéré comme un «objet de réticence», au contraire d'autres genres dont le roman qui lui, serait largement mis à profit (Dardaillon, 2009). Puisqu'une majorité des futurs enseignants, malgré leur volonté d'agir en tant que passeurs culturels, ne se sentiraient pas suffisamment outillés pour procéder à une transmission de savoirs culturels (Simard, 2004), nous avons mené une enquête portant sur leur rapport au théâtre. Nous avons interrogé une centaine de futurs enseignants de français au secondaire, finissants des neuf universités québécoises offrant ce programme d'enseignement, au moyen d'une enquête par questionnaire en ligne. Celui-ci est inspiré par la grande mouvance actuelle de recherches sur le sujet, dont le rapport à la lecture littéraire (Beaudry, 2014, Émery-Bruneau, 2010). Les résultats, basés sur des données mixtes, seront présentés au regard de deux plans (personnel et didactique) et de trois postures (spectateur, créateur et lecteur) du rapport au théâtre.
Différents chercheurs en didactique du français ont étudié le rapport à la lecture (Émery-Bruneau, 2010; Ulma et Winkler, 2010) et les représentations de la littérature (De Beaudrap, Duquesne et Houssais, 2004) des enseignants et des futurs enseignants du secondaire. Ce rapport des enseignants, défini comme un « ensemble hétérogène, fait de conceptions, de représentations, d’attitudes et de valeurs » (Barré-De Miniac, 2002 : 3) accordées à la lecture, influe sur leurs pratiques d’enseignement de la lecture et de la littérature. D’autres recherches ont dégagé les pratiques des enseignants quant à la sélection des textes littéraires pour la classe de français du secondaire (Dezutter et Morissette, 2010) et du collégial (Dezutter, Babin, Goulet et Maisonneuve, 2012) de même que les pratiques didactiques choisies pour les aborder avec les élèves. Existe-t-il un continuum dans le rapport à la lecture des enseignants du primaire, du secondaire et du collégial? Si des points de rupture existent, de quelle(s) nature(s) sont-ils (entre les enseignants, les corpus…)? Les communications de ce colloque alimenteront la réflexion en apportant une réponse à l’une ou à plusieurs des questions suivantes :
– Quelles sont la place et les finalités attribuées à la lecture en classe des textes non seulement romanesques, mais également poétiques et dramatiques?
– Quel rapport les enseignants entretiennent-ils avec les œuvres classiques et contemporaines? Comment, par exemple, définissent-ils les critères de sélection des œuvres qu’ils font lire?
– Dans quelle mesure l’importance croissante des textes multimodaux dans la production éditoriale, notamment grâce aux supports numériques, se manifeste-t-elle en classe? À quels usages ces textes donnent-ils lieu?
– En quoi les corpus enseignés reflètent-ils les représentations de la littérature et de la lecture des enseignants?
– Quelles pratiques les enseignants mettent-ils en place selon les genres, les époques ou les types de textes littéraires?
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